Le FSB propose que la sphère financière « se désintoxique » des agences de notation

le 28/10/2010 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Si beaucoup de banques ont déjà leurs systèmes internes, pour d'autres investisseurs le sevrage va être plus compliqué à mettre en place

Chargé par le G20 de définir les moyens d'éviter une répétition de la crise financière, le Conseil de stabilité financière (FSB) a rendu hier ses conclusions sur les agences de notation. Un changement radical est nécessaire pour «désintoxiquer»une sphère financière jugée trop dépendante des notes des agences (lire aussi L’Agefi Hebdo du 28 octobre). «Il faut mettre fin à la dépendance mécanique des acteurs de marché envers les notations et établir des pratiques d’évaluation des risques rigoureuses en interne», explique le FSB en préambule de ses propositions qui doivent être présentées au G20 les 11 et 12 novembre prochain à Séoul. Législateurs, banques centrales, banques, investisseurs institutionnels et gestionnaires d’actifs sont tous concernés.

Côté organe de régulation, alors que les Etats-Unis ont déjà adopté des lois limitant la dépendance du secteur financier aux notations, le FSB propose de retirer ou remplacer, si possible, toute référence aux agences de notation de crédit dans les lois et règlements. Mais alors que l’AMF et le FMI s’accordent sur ce principe, le CESR est parti au printemps à contre-courant. Dans sa nouvelle définition des fonds monétaires, le Comité européen des régulateurs de marchés va effet imposer aux gérants dès 2011 la notation de crédit comme critère obligatoire.

Les investisseurs, banques et gestionnaires d’actifs ne sont pas épargnés et devront développer une analyse en interne. «Les références aux notes des agences peuvent parfois jouer un rôle utile comme point de référence pour la transparence des politiques de crédit, mais elles ne doivent pas remplacer le propre jugement de crédit indépendant des gérants de portefeuille, ceci doit être clair vis-à-vis du marché et des clients», explique le FSB.

Alors que de nombreuses banques ont déjà en interne leurs propres méthodes, moins consommatrices de fonds propres sous Bâle 2, le sevrage va impliquer chez certains acteurs non seulement un changement de dogme, mais aussi une évolution en profondeur des pratiques d’investissement. Certains gestionnaires d’actifs n’ont en effet pas la taille suffisante pour développer leur propre équipe d’analyse du risque. Mais le FSB a tout prévu. Dans ce cas, «les administrateurs ou d'autres responsables de la stratégie d'investissement devront s’assurer qu'ils comprennent bien les risques encourus et qu’ils sont conscients de la limite des agences», explique-t-il.

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