Le Portugal va tester les marchés avec une émission de 1,25 milliard d’euros

le 27/10/2010 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Les coûts de financement ont chuté depuis l’annonce de mesures d’austérité additionnelles, mais l’exécution budgétaire de 2010 reste incertaine

Depuis fin septembre, les marchés saluent les mesures supplémentaires d’austérité budgétaire annoncées par le Portugal. Après avoir élevé le coût de l'emprunt du pays à 10 ans à un taux record de 6,49% en septembre, un niveau que la Grèce n'a pas pu supporter en début d'année, ils l’ont en effet fait chuter en octobre. Les rendements ont ainsi perdu 84 points de base (pb) en moins d’un mois, atteignant hier 5,65%. La semaine dernière, le pays a ainsi pu placer 760 millions de bons du Trésor à un an à un taux de 2,88%, contre 3,33% lors de la précédente opération. Le Portugal compte profiter de cette accalmie sur les marchés pour placer aujourd’hui 1,25 milliard d’euros de titres obligataires sur deux lignes (octobre 2014 et juin 2018).

Les marchés restent cependant prudents face à un contexte économique fragile. Les niveaux du coût de financement traduisent en effet les inquiétudes des investisseurs. Toujours considéré comme «l'autre maillon faible» de la zone euro, le pays est en proie à des difficultés d’exercice budgétaire pour 2010. «Alors que le gouvernement s’est fixé pour objectif une réduction de son déficit de 9,3% à 7,3% du PIB en 2010, les premiers résultats pour cette année ont été décevants : le cumul du déficit budgétaire sur les huit premiers mois de l’année s’élève à plus de 8 milliards d’euros, contre 7,5 milliards pour la même période de 2009», explique Laurence Chieze-Devivier, stratégiste chez Axa IM.

Pour 2010, l'effort de redressement budgétaire sera réalisé aux deux tiers par une réduction des dépenses (gel des investissements publics non encore engagés). En ce qui concerne 2011, la bataille politique fait toujours rage entre gouvernement et opposition alors que le déficit budgétaire doit être ramené à 4,6% du PIB. Une baisse de 5% des salaires des fonctionnaires est notamment prévue pour y arriver. Mais «malgré ces mesures correctives, étant donné la faiblesse de la croissance, la dette publique va continuer d’augmenter à 96% du PIB en 2013», relativise Laurence Chieze-Devivier.

Depuis les années 2000, le Portugal connaît une croissance plus faible que ses partenaires européens, avec en moyenne une hausse du PIB de seulement 1,3%, contre 1,9% pour la région. Et certains économistes imaginent un retour en récession, à l'image de ceux de BNP Paribas, qui tablent sur une baisse de 0,2% en 2011.

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