L'endettement des ménages américains réduit les chances de succès de la Fed

le 26/10/2010 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La nouvelle phase d’assouplissement quantitatif risque de se heurter à la faible demande de crédit, toujours contrainte par le problème immobilier

Alors que la Fed se prépare à une nouvelle phase d'assouplissement quantitatif, on peut s’interroger sur les réelles chances de succès d’une telle politique, et penser que la demande de crédit restera faible. Le graphique joint montre en effet que le niveau d’endettement moyen des ménages américains a certes baissé mais reste à des niveaux très élevés.

La comparaison avec le Japon n’est pas particulièrement rassurante, car dans ce pays en dépit d’une longue période de politique monétaire ultra-accommodante, la demande de crédit et la croissance ne sont jamais repartis. Or l’éventualité d’un redémarrage de la demande de crédit aux Etats-Unis est d’autant plus aléatoire que l’endettement des ménages n’a décru que faiblement depuis le pic de septembre 2007 et représente encore près de 118% de leur revenu disponible. Un niveau bien supérieur à celui du Japon.

Comme pour le Japon du début des années 90, les faibles taux nominaux limitent le nombre des défauts de paiement - alors que le marché de l’immobilier demeure en plein marasme - et évitent aux banques de passer des provisions massives sur les prêts hypothécaires distribués. Mais cette situation, à laquelle il faut ajouter les problèmes liés au «Foreclosure Gate» (ndlr: les litiges sur saisies immobilières) , risquent tout simplement de retarder le nécessaire nettoyage des bilans bancaires.

Au bout du compte, le problème immobilier américain n’est toujours pas réglé et continue à peser sur la demande de crédit de la part des ménages américains, et in fine sur la consommation américaine. La politique de «quantitative easing» risque surtout de créer des bulles successives sur les prix des actifs, non seulement sur l’obligataire, mais aussi sur les matières premières et les marchés émergents.

alexandre.gabus@schroders.com

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