La menace de nouveaux quotas chinois plane sur l’approvisionnement en minerais rares

le 21/10/2010 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le rôle stratégique de ces minerais dans l’économie « verte » et la montée en puissance de la Chine devraient modifier la physionomie du marché

Il n’est pas aisé d’y voir clair entre les rumeurs, les démentis et les protestations toutes plus officielles les unes que les autres. La Chine pourrait avoir décidé de bloquer ses exportations de minerais rares, en direction du Japon d’abord, puis des Etats-Unis. Avec de plus l’intention pressentie d’imposer de nouveaux quotas à l’exportation pour 2011.

Selon le ministère du commerce chinois, le gouvernement ne s’apprêterait pas à baisser de 30% ses précieuses exportations l’année prochaine. Et pour Pékin, l’agitation des dernières semaines consisterait surtout à vouloir nuire en politisant le dossier.

Selon un récent rapport de la société minière Australienne Lynas Corp, pour une demande en minerais rares, utilisés aussi bien dans la fabrication de disques durs, de turbines à vent ou de voitures hybrides, estimée à 136.100 tonnes cette année, l’approvisionnement actuellement exploitable totaliserait les 114.800 tonnes. La Chine à elle seule fournirait 103.300 tonnes. Ce quasi-monopole a pris tout son sens cette année suite à la décision de Pékin de réduire de 40% ses exportations. Les prix en moyenne annuelle ont explosé sur le marché chinois, passant de 10,0 dollars le kilogramme à 50,6 dollars en septembre. Pékin a également gelé l’attribution de nouvelles licences d’excavation jusqu’à juillet 2011 et voudrait plafonner sa capacité de production.

Officiellement préoccupée par l’impact sur son environnement et la préservation de ses réserves, la Chine s’est décidée à rationnaliser sa production en ramenant le nombre de producteurs de 90 à 20 d’ici à 2015. Mais elle a également interdit aux compagnies étrangères d’investir dans ses entreprises de séparation de minerais rares et Pékin pousse ses pions en Asie centrale où elle s’attribue d’autres sources de gisement.

La semaine dernière, Angela Merkel estimait qu’il était «impérieusement nécessaire» que les européens mettent à disposition des capitaux pour s’assurer un approvisionnement à long terme. Les entreprises japonaises, dépendantes à hauteur de 65% des exportations chinoises, s’organiseraient déjà pour diversifier leur approvisionnement, notamment depuis l’Australie.

Selon Lynas Corp, en 2014 la part chinoise de la production mondiale pourrait passer de 90% à 67,5%.

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