Le Brésil tente une nouvelle fois de contrer la hausse du real

le 20/10/2010 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Les autorités ont relevé deux taxes afin de limiter les afflux de capitaux, en particulier à court terme. En Asie, la tendance est la même

Les autorités brésiliennes ne baissent pas les bras malgré le peu d’efficacité des mesures prises jusqu’alors pour limiter l’envolée du real. Le ministère des Finances a décidé de relever une nouvelle fois la taxe sur les investissements non-résidents dans l'obligataire. Après être passée de 2 à 4% il y a deux semaines, elle vient d’être augmentée à 6%. Le Brésil a aussi majoré la taxe sur les dépôts pour les appels de marge sur les produits dérivés. Elle passe de 0,38% à 6%. Ces dispositions ont vocation à limiter l’appétit des étrangers sur les investissements de court terme, a expliqué Guido Mantega, le ministre des Finances. Depuis début septembre, le real s’est apprécié et le dollar/real a perdu 3,7 %.

«Même si le marché n’a pas tenu compte de cette hausse de l’impôt sur les dépôts de garantie, le gouvernement affiche de plus en plus sa détermination à enrayer l’appréciation du real et a déjà prévenu que d’autres mesures pourraient être prises prochainement», analyse Alejandro Cuadrado, stratégiste sur les pays émergents chez Société Générale.

En revanche, le Brésil ne devrait pas modifier sa politique monétaire d’ici à la fin de l’année même si les investisseurs étrangers sont attirés par les rémunérations élevées. Le taux au jour le jour atteint 10,75%. La Banque centrale doit en effet contenir la hausse de l’inflation tout en limitant l’appréciation du real.

Le Brésil n’est pas le seul pays émergent à multiplier les mesures pour contenir la progression de sa monnaie. La banque centrale indonésienne va mettre en place des dépôts à terme sur des maturités plus longues, de trois à six mois. La Corée du Sud prépare elle aussi des mesures afin de mieux gérer les entrées de capitaux. Stoppée en février 2009, la retenue à la source pourrait refaire son apparition.

Dans son récent rapport sur l’Asie Pacifique, la Banque Mondiale estime que l’afflux massif de capitaux vers la zone risque de provoquer une hausse de l’inflation, une déstabilisation du système bancaire et une baisse de la compétitivité à l’exportation. Par ailleurs, les pays de la zone devraient définir une approche commune afin de limiter l’appréciation de leurs monnaies, avance l’institution.

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