Royal Bank of Canada s’offre le gérant d’actifs BlueBay pour 1,1 milliard d’euros

le 19/10/2010 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

L’offre valorise le gérant britannique autour de 19 fois ses bénéfices estimés en 2011, un multiple supérieur à celui du secteur

Cherchant à s’imposer parmi les dix premiers gestionnaires de fortune à l’échelle mondiale, Royal Bank of Canada a annoncé lundi le rachat de BlueBay Asset Management. L’offre, d’un montant de 963 millions de livres sterling (1,1 milliard d’euros), valorise le gérant d’actifs coté à Londres autour de 19 fois ses bénéfices estimés en 2011, selon le bureau d’études KBC Peel Hunt. Les analystes de Numis Securities évaluent de leur côté l’opération à 18 fois les bénéfices 2011, un multiple supérieur à celui du secteur de la gestion d'actifs en Bourse (autour de 13 fois).

L’offre de Royal Bank of Canada, de 485 pence par action, représente aussi une prime de 29% par rapport au cours de clôture de vendredi dernier. «Ce prix semble relativement juste et attractif pour un actif de très grande qualité», estime KBC Peel Hunt.

BlueBay est un spécialiste de la gestion crédit, secteur qui a le vent en poupe depuis 2009. Sur le troisième trimestre, la société de gestion spécialisée dans le crédit a enregistré, comparativement à fin juin 2010, une hausse de 5,7 milliards de dollars (+16,6%) de ses encours, à 40 milliards de dollars: 1,2 milliard de dollars a été généré par des souscriptions nettes, 1,5 milliard par l’effet marché et 3 milliards résultent de l’effet change. BlueBay, conseillé par Spencer House Advisers et Credit Suisse, a parallèlement indiqué lundi se montrer «optimiste sur ses perspectives en 2010 et au-delà».

Pour Royal Bank of Canada, qui gère quelque 450 milliards de dollars canadiens (320 milliards d’euros), cette acquisition lui permet de renforcer ses encours à hauteur de 40 milliards de dollars américains (données à fin septembre 2010).

La première banque du Canada, conseillée sur cette opération par Perella Weinberg Partners et RBC Capital Markets, se développe par ailleurs en Europe, où elle entend tirer parti des baisses de valorisation des actifs générées par la crise. Alors que les membres du directoire de BlueBay ont unanimement recommandé aux actionnaires de voter en faveur de cette acquisition, les deux groupes prévoient de finaliser l’opération vers la fin du mois de décembre. Les dirigeants de la cible réinvestiront au moins de 25% de leur participation (de 8,5%) dans des fonds maison, et devront la conserver au moins trois ans.

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