La dette émergente a attiré 56 milliards de dollars de capitaux en 2010

le 15/10/2010 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Les mesures prises par le Brésil ou la Thaïlande pour freiner les flux entrants ne semblent pas décourager les investisseurs

Illustration: © Maksym Yemelyanov - Fotolia.com

Le centre de gravité du flight to quality se déplace. Le FMI estime que, d’ici à 2015, la croissance des économies émergentes sera de 4% supérieure à celles des économies développées. Quant à la dette, elle devrait être en moyenne de 40% du PIB pour les premières et de plus de 100% pour les secondes. «Dans un environnement économique marqué par l’incertitude des marchés, et des niveaux de taux bas au sein des économies développées, les investisseurs qui cherchent du rendement se tournent vers la dette émergente», explique Thomas Delabre, cogérant du fonds Amundi Global Emergents.

Selon JPMorgan, les flux vers les fonds de dettes émergentes ont été de 56 milliards de dollars sur les huit premiers mois de l'année et pourraient s'élever à 70 milliards de dollars sur l'année entière.

«La croissance économique des années 2000 s'est accompagnée, dans les pays émergents, d'un mouvement de maturité institutionnelle, réduisant le risque d'aléa politique. A cela s’est ajoutée une plus grande profondeur des marchés financiers locaux qui a ainsi réduit le risque de liquidité», poursuit le gérant. Et le rendement offert par certains émergents a de quoi attirer, malgré le risque de change. A cinq ans, le Brésil offre un taux de 11,7%, soit un spread de 1.010 points de base (pb) par rapport à l’Allemagne. La Turquie offre quant à elle 8,7% et l’Indonésie 7,3%.

L'euphorie pourrait cependant être de courte durée. Face à la hausse des devises émergentes, nourrie entre autres par les entrées de capitaux sur les dettes souveraines, certains pays ont décidé d'agir. Mardi, la Thaïlande a approuvé une taxe de 15% sur les intérêts et les plus-values gagnés par les étrangers qui détiennent des obligations d'Etat thaïlandaises ou celles émises par des entreprises publiques et la Banque de Thaïlande. La semaine dernière, le Brésil avait fait de même relevant de 2% à 4%, l’impôt sur les opérations financières que devront acquitter les investisseurs non-résidents sur leurs investissements en obligations brésiliennes. Le real s’est envolé de 11,7% depuis fin mai face au dollar.

Pas de quoi cependant refroidir les investisseurs. «Ces mesures ne devraient pas avoir d’impact, expliqueThomas Delabre, tant que les rendement offerts sont si élevés pour des fondamentaux solides».

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