L'avis de... Eric Bertrand, directeur de la gestion taux et crédit de CPR AM

« Les sociétés de gestion ont du temps pour se préparer »

le 07/10/2010 L'AGEFI Hebdo

Fin 2011, les fonds monétaires ne pourront investir que dans des titres notés A2/P2/F2 et plus, ou d’une « qualité équivalente ». Quelles conséquences cette règle aura-t-elle sur le marché ?

L’impact sera limité. Les sociétés de gestion ont du temps pour se préparer, et la plupart seront prêtes avant l’échéance. Avec la crise, elles ont déjà écarté les titres les moins bien notés. Par exemple, dans notre fonds CPR Cash, uniquement investi à moins de 3 mois, trois lignes sur une quarantaine sont concernées. Nous allons les conserver jusqu’à maturité sans les renouveler. Même si ces papiers offrent un meilleur rendement, cela ne pèsera pas sur notre performance de manière significative. Quant aux fonds qui auront encore des titres A3/P3 fin 2011, ils devront les céder ou aller vers la classification obligataire pour pouvoir les conserver.

Les limites de maturité poseraient plus de problèmes…

Les fonds monétaires label court terme ne pourront pas investir dans des titres dont la maturité résiduelle excède 397 jours. La limite est fixée à deux ans pour les autres fonds monétaires. Cela devrait exclure de nombreux produits titrisés. La plupart des sociétés de gestion s’en sont déjà séparées ou ont changé la classification de leurs fonds en obligataire. En revanche, les banques émettrices devront sûrement changer leur format d’émission de titrisation si elles veulent toucher cette catégorie d’investisseurs.

Quelles solutions les émetteurs mal notés ont-ils ?

Ils n’auront plus accès aux fonds monétaires. Une solution serait qu’ils améliorent leur notation, mais tous ne pourront pas le faire. Ils devraient alors émettre sur du plus long terme et se tourner vers les fonds obligataires, les compagnies d’assurances et les gestions privées. De toute façon, depuis la crise, la plupart des entreprises cherchent à allonger la maturité de leur dette pour éviter d’être prises de court par un assèchement de la liquidité.

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