L'avis de... Odette Cesari, directeur des investissements d’Axa France

« Nous n'avons investi ni en obligations 'high yield', ni en dette émergente »

le 07/10/2010 L'AGEFI Hebdo

Comment avez-vous tenté de compenser la baisse des taux longs ?

Depuis 2007, la part des actions dans nos portefeuilles est passée de plus de 10 % à 5 %, et celle de l’immobilier de 11 % à 8 %. Naturellement, celle des obligations a grimpé de 78 % à 87 %. Cette allocation d’actifs a anticipé les coûts en capital que va impliquer l’application de la directive Solvabilité II. Mais au sein de la poche obligataire, nous avons renforcé les obligations d’émetteurs privés et elles en représentent désormais la moitié. La baisse des taux a d’abord affecté les emprunts d’Etat et elle a été en partie compensée par la hausse des spreads sur les obligations privées. Par ailleurs, nous avons conservé notre exposition sur les titres d’Etats périphériques de la zone euro, considérant que le spread reflétait bien le risque pris.

Avez-vous cherché à vous exposer sur les marchés des obligations « high yield » et de la dette émergente ?

Jusqu’à présent, nous n’avons pas investi en obligations high yield (haut rendement, NDLR), ni en dette émergente car nous considérions ces marchés comme trop volatils. En outre, ces classes d’actifs sont pénalisées par Solvabilité II et, pour ce qui concerne la dette émergente, le Code des assurances est restrictif sur les investissements hors OCDE. Cependant, compte tenu de leurs spreads élevés, nous étudions l’opportunité d’investir en obligations high yield. Du fait de la taille de nos actifs, nous envisageons d’aborder cet investissement par le marché américain, qui présente une plus grande profondeur.

Les stratégies d’arbitrages sur la courbe des taux sont-elles une alternative ?

Pour que ces stratégies soient performantes, il faut qu’elles soient très actives. Or, cela n’est pas compatible avec la gestion des actifs d’une compagnie d’assurances, car ils doivent enregistrer des rendements réguliers et servir aux assurés des taux stables dans le temps.

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