La monnaie unique accentue les divergences

le 07/01/2010 L'AGEFI Hebdo

Le renforcement de l’euro ne fera qu’accentuer les divergences entre Etats membres en 2010. Ce sont les conclusions d’une étude menée par Standard & Poor’s (S&P) sur la compétitivité de la zone. Depuis janvier 2005, la monnaie unique a gagné 47 % contre le dollar. Mais comment le même taux de change peut-il donc impacter différemment les économies ? Au-delà du taux de change, chaque pays connaît ses propres évolutions des prix domestiques (prix à la production, à la consommation, salaires…). Ainsi, il ressort de l’étude que l’Allemagne est le seul pays à avoir amélioré sa productivité de 3 % en raison d’une modération salariale depuis 2005. Sans surprise, l’Italie, l’Espagne et la Grèce ont connu quant à eux une forte appréciation de leur taux de change effectif réel qui a rendu leur économie moins compétitive. « Si l’Italie avait conservé la lire, celle-ci aurait baissé pour compenser la hausse plus rapide des coûts salariaux unitaires dans ce pays que chez ses principaux partenaires et clients », explique Jean-Michel Six, chef économiste de S&P. Or, l’euro s’est apprécié, ce qui n’a fait qu’aggraver la détérioration de la compétitivité italienne. La France s’en sort plutôt mieux que ces derniers, avec une légère baisse de 1 % de sa compétitivité, imputable à la modération salariale et aux gains de productivité engrangés depuis 2005.

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