Une marge d'interprétation

le 27/05/2010 L'AGEFI Hebdo

La directive Ucits III (Ucits IV à partir de juillet 2011) a permis d’aller plus loin dans l’européanisation de l’industrie des OPCVM. Cependant, elle laisse encore certaines libertés d’interprétation et d’application aux Etats membres. En France, l’AMF (Autorité des marchés financiers) a plutôt tendance à responsabiliser les sociétés de gestion, ce qui leur laisse une certaine marge de manœuvre. Pour les stratégies long-short equity, cette marge de manœuvre apparaît dans la gestion de la partie short (vendeuse) des portefeuilles. Un OPCVM est contraint d’avoir recours à des swaps de performance, également appelés CFD (contracts for difference). « La déclinaison française de la directive Ucits permet d’autoriser dans certains cas autoriser les fonds ‘long-short equity’ Ucits III à emprunter des titres pour les ‘shorter’, explique un spécialiste. La position française en ce domaine n’est pas plus permissive, mais plutôt plus pragmatique. Les deux pratiques ont la même finalité et la même réalité économique. »

Par ailleurs, lorsqu’un fonds est créé en Ucits III, il a la possibilité de choisir entre deux approches pour limiter son risque. La méthode classique consiste à rester sous la barre des 200 % d’engagement. Mais cette approche a ses limites car elle méconnaît la différence de risques qui peut exister entre les actifs acquis (un million d’euros de valeurs technologiques est bien plus risqué qu’un million d’euros de valeurs agroalimentaires). C’est pourquoi, surtout pour les produits sophistiqués, il vaut mieux opter pour l’approche fondée sur le budget de risque, calculé en VaR (Value-at-Risk). Néanmoins, l’AMF demande, si l’on opte pour l’approche par la VaR et que l’on a un effet de levier élevé, de limiter la commercialisation aux investisseurs expérimentés. Cela ne bride pas pour autant la gestion car le niveau moyen du levier des hedge funds actions reste limité (environ 150 %).

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