L'avis de... Guillaume Lendormy, spécialiste produits obligataires chez Robeco

« Le marché européen devrait bénéficier de l’apparition de nouveaux gisements »

le 30/09/2010 L'AGEFI Hebdo

Comment évolue le marché des obligations d’entreprise ?

Nettement plus liquide qu’il y a deux ans, le marché européen des obligations d’entreprises devrait continuer à bénéficier de l’apparition de nouveaux gisements. Les gestionnaires disposent d’un choix de titres élargi qui facilite la diversification de leur portefeuille. Plutôt que de solliciter des lignes auprès des banquiers comme elles le faisaient auparavant, de plus en plus de sociétés trouvent leur place sur le marché de l’obligataire et vont continuer à s’y refinancer. Le secteur bancaire pourrait évoluer, comme le segment des obligations hybrides (Tier one). De nombreux papiers seront amenés à disparaître, du fait de leur progressive exclusion de la comptabilité des fonds propres suivant les récentes conclusions du Comité de Bâle III. Les Tier one seront rachetés (call) et remplacés par d’autres titres, certainement plus risqués mais aux rendements plus attrayants, comme Banca Intesa qui vient d’émettre un Tier one avec un coupon de 9,5 %, soit 150 points de base de plus que les niveaux actuels.

Quelle est votre tactique de gestion ?

Pour les sociétés notées investment grade, il y a plus de chance à l’heure actuelle que leur note soit relevée grâce aux efforts de renforcement des bilans. Les fondamentaux de ces entreprises qui n’auront pas de difficultés à rembourser leurs échéances devraient rester sains. Le plus grand risque est la volatilité du marché encore sensible au risque de la dette souveraine. En revanche, même si le potentiel de resserrement des spreads est plus important concernant l’univers du high yield (obligations à haut rendement, NDLR) type BB que nous favorisons, il convient de se montrer très sélectif. Afin d’affiner notre tri, nous intégrons à notre analyse crédit des critères d’appréciation de bonnes pratiques de gouvernance qui impactent aussi l’évolution des spreads. En outre, nous gardons le choix des instruments pour un même émetteur high yield, prenant dans certains cas des positions longues via les credit default swaps (CDS) au lieu de l`obligation, bénéficiant ainsi de rendements supérieurs. Quoi qu’il en soit, nous restons désormais fortement sous-pondérés sur les entreprises notées CCC qui ont déjà bénéficié d’un rally en 2009.

Comment se déroulent les émissions ?

Suivant les noms et qualités des émetteurs proposés, l’émission dure une semaine, ou à peine une heure. Les émissions high hield jugées de qualité sont très demandées par les investisseurs en quête de rendement. Cela nécessite un dialogue constructif avec les émetteurs.

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