« Licence to kill »

le 29/04/2010 L'AGEFI Hebdo

A près de 80 ans, George Soros, l’homme qui, le 16 septembre 1992, vendit à découvert 10 milliards de livres, contraignant la devise britannique à sortir du système monétaire européen, prend part au débat sur l’encadrement des dérivés de crédit, qu’il n’hésite pas à stigmatiser dans une tribune publiée par le Financial Times (du 23 avril) : ils offrent « a licence to kill », aussi devraient-ils être « réservés à ceux qui ont un intérêt assurable dans les obligations d’une entreprise ou d’un Etat ». Acteur historique du monde des hedge funds global macro, il prône pourtant, outre la détention de l’obligation sous-jacente, « l’enregistrement individuel de ces produits dérivés de gré à gré », ce qui en « découragerait l’usage »… Le président de Soros Fund Management part même en guerre contre « les fondamentalistes du marché qui détiennent dans les milieux académiques aux Etats-Unis un monopole difficile à entamer » (Le Monde du 27 avril) et vient ainsi de réunir à Cambridge quelques économistes hétérodoxes, à l’occasion de la réunion inaugurale de sa nouvelle fondation, l’Institute for New Economic Thinking.

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