L'avis de... Aymeric Poizot, responsable gestion d’actifs pour la zone Emea chez FitchRatings

Il y a d’imposantes barrières à l’entrée concernant les infrastructures

le 26/11/2009 L'AGEFI Hebdo

Quelle est la typologie de ces gérants quantitatifs ?

Il y a trois catégories d’acteurs. La première est constituée de traders de très court terme, de l’ordre de la minute, qui diversifient leurs stratégies dans le temps. La seconde comprend les « long term followers », dont la diversification repose sur des classes d’actifs et dont l’horizon se calcule en jours, semaines ou mois. La troisième regroupe des gérants qui vont faire du scoring de valeurs selon différents facteurs. Les acteurs des deux premières catégories traitent sur des phénomènes de prix et d’inefficiences de marché. Ce sont des ingénieurs et des mathématiciens recherchant des tendances. La dimension fondamentale et l’analyse macroéconomique sont faibles, mais leurs besoins technologiques très importants. Tout leur travail repose sur des séries statistiques : ils analysent le passé pour extrapoler l’avenir. Ils ont donc de très importants besoins en gestion de données et d’algorithmes à haute fréquence. Il y a donc d’imposantes barrières à l’entrée concernant les infrastructures ainsi qu’une part conséquente de valeur ajoutée dans leurs algorithmes.

La gestion quantitative restera une gestion de niche, destinée aux mathématiciens ?

Le plus gros problème demeure la demande car la gestion quantitative fait encore peur aux investisseurs. La valeur ajoutée réside dans la discipline : la mise au point, le test, la surveillance et l’implémentation des modèles de trading qui sont adaptés en permanence. Un ordinateur n’a pas d’état d’âme quand il s’agit de couper une position, mais ses algorithmes doivent être, à tout moment, en phase avec le régime de marché.

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