L'avis de... Joël Prohin, directeur de la politique des investissements d’Allianz France

« Il faudra prendre en compte toutes les corrélations »

le 30/09/2010 L'AGEFI Hebdo

Comment accueillez-vous les propositions des gérants d’afficher le coût en capital de leurs OPCVM au regard de la directive Solvabilité II ?

Cette offre intéresse moins une compagnie d’assurances comme Allianz, qui a les moyens de mettre en œuvre un modèle interne, qu’une compagnie qui aura recours au modèle standard. Surtout, il sera nécessaire, en application de la directive Solvabilité II, de prendre en compte les corrélations entre un produit dans lequel nous sommes susceptibles d’investir et tous nos actifs en portefeuille pour calculer son coût en capital. Or, c’est une information que le gérant externe n’a pas. Aussi, je réaliserai mes propres simulations et il me sera difficile d’expliquer à un gérant le fonctionnement de notre propre modèle.

Qu’attendez-vous en matière d’informations diffusées via les « reportings » des fonds ?

Nous attendons une transparence plus forte sur les portefeuilles. Nous ne retiendrons plus les sociétés de gestion qui se limiteront à de simples inventaires. Nous recherchons d’ores et déjà plus de détails qualitatifs sur les positions, afin de bien appliquer Solvabilité II. Nous avons besoin d’éléments de risque tels que, par exemple, une information sur l’appartenance à un même groupe de plusieurs émetteurs, car nous devons agréger leurs expositions pour calculer le risque de notre exposition à un groupe émetteur. En outre, la périodicité de diffusion des reportings devra être au moins trimestrielle et bientôt mensuelle.

Ces exigences vous encouragent-elles à privilégier les mandats ?

Des mandats ou des OPCVM dédiés. L’essentiel de nos portefeuilles est géré par les sociétés de gestion du groupe, qui sont associées étroitement à nos réflexions. Mais pour des expertises spécifiques que nous souhaitons trouver en dehors du groupe, nous sommes déjà amenés à privilégier des OPCVM dédiés du fait des contraintes très fortes imposées par les normes IFRS. Quitte éventuellement à répliquer la gestion d’un fonds ouvert, nous pouvons ainsi contractualiser un ensemble de règles, y compris la nature des informations, dans un cahier des charges.

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