L'avis de... Alain de Cidrac, directeur général du cabinet de conseil Xioneo Consulting

Le contrôle des risques doit être intégré en amont

le 26/11/2009 L'AGEFI Hebdo

Qu’a changé la crise aux créations de produits par les sociétés de gestion ?

De nombreux produits sont lancés pour répondre à une évolution de marché. Il faut donc aller vite, en particulier dans des marchés très volatils. Or, il s’écoule souvent plusieurs mois entre la décision d’un lancement et l’agrément du produit par l’Autorité des marchés financiers (AMF). Nous avons travaillé récemment avec plusieurs asset managers pour rationaliser leurs procédures de création de fonds afin de raccourcir ces délais. Par ailleurs, les sociétés de gestion ont poursuivi leur travail de rationalisation de gamme. Les coûts réglementaires augmentent régulièrement, tandis que la baisse des marchés induit une baisse des frais de gestion. La gestion d’actifs est devenue une industrie à économies d’échelle où plus un fonds a d’encours, plus il est rentable. Ainsi, les sociétés de gestion ont compris qu’il ne suffisait pas de créer des produits : il faut aussi en détruire. L’an dernier, il y a d’ailleurs eu presque autant de créations que de destructions de fonds. Autre élément qui nous parait essentiel : la création d’un fonds doit répondre à un réel besoin des clients. L’époque où une équipe de gestion avait une idée de génie, et la mettait en œuvre dans un fonds que les commerciaux essayaient de vendre sans avoir préalablement validé le besoin ou l’appétence des clients potentiels est révolue.

Les processus de création ont-il évolué ?

Certaines grandes sociétés de gestion intègrent le contrôle des risques très en amont de leur processus, dès que la stratégie d’investissement du fonds est définie. Il s’agit, à notre sens, d’une étape indispensable à la création d’un produit, apportant une réelle valeur ajoutée. Mais certaines structures ont pourtant tendance à ne s’y intéresser qu’une fois le fonds agréé par l’AMF. Je pense qu’elles évolueront peu à peu car les clients institutionnels sont à l’affût de la transparence sur le processus de gestion, mais aussi sur la gestion des risques. On ne peut plus se permettre de lancer un nouveau produit sans avoir préalablement validé l’ensemble des risques.

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