L'avis de... Emilie Tetard, analyste cross-asset pour Natixis

« Le profil rendement-risque peine à rivaliser avec celui des actions »

le 01/05/2014 L'AGEFI Hebdo

« Le profil rendement-risque peine à rivaliser avec celui des actions »
Emilie Tetard
(DR)

Quelles sont vos prévisions d’évolution de la classe obligataire, notamment sur la partie crédit ?

Les fondamentaux du marché du crédit resteront favorables, avec des taux de défaut au plus bas. Les spreads de crédit vont donc se maintenir sur des points bas. Toutefois, compte tenu de leurs niveaux actuels, les perspectives de resserrement nous semblent limitées. Nous sommes plus optimistes sur certains segments, comme le crédit investment grade en euros, que sur les obligations high yield en euros. En effet, nos modèles fondamentaux plaident plus pour un léger écartement des spreads, que notre équipe d’analyse crédit estime de l’ordre de 25 points de base sur un an.

 

Depuis le début de l’année, vous avez un positionnement prudent sur le crédit et notamment le « high yield ». Pourquoi ?

Dans l’ensemble, la classe d’actifs crédit ne sera pas favorisée par le contexte de normalisation actuellement en marche sur les taux longs. Ce d’autant plus que les valorisations sont déjà relativement chères avec un potentiel de resserrement des spreads limité. C’est notamment le cas des obligations high yield, dont le rendement total [coupon plus évolution des titres, NDLR] viendra principalement du portage. Bien sûr, celui-ci reste incontournable dans les portefeuilles obligataires les plus dynamiques, comme source de rendement et de diversification face aux titres souverains périphériques. Néanmoins, les perspectives de rendement de ces obligations restent faibles au regard de leur volatilité, qui est la plus élevée au sein de l’obligataire. Mais nos choix concernant le high yield ne viennent pas uniquement des perspectives sur les spreads, mais plutôt d’une vision comparée avec d’autres classes d’actifs, dans un contexte où les taux sont attendus à la hausse et où les mouvements de spreads, quels qu’ils soient, resteront de faible ampleur. Le profil rendement rapporté au risque des obligations high yield peine, dans un tel environnement, à rivaliser avec celui des actions dans une allocation diversifiée.

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