L’avis de… Benoît Faure-Jarrosson, analyste chez Invest Securities

« Une désinflation pèserait moins fortement que la surcapacité subie par les bureaux »

le 06/11/2014 L'AGEFI Hebdo

« Une désinflation pèserait moins fortement que la surcapacité subie par les bureaux »
Benoît Faure-Jarrosson, analyste chez Invest Securities
(DR)

Les dividendes distribués par l’immobilier coté sont réputés les plus stables de la cote…

En effet, ceci en raison du taux de distribution imposé par la réglementation des Siic* et des Reits**, mais également grâce à la régularité du résultat de ces sociétés immobilières. Par des baux signés sur 3, 6 ou 9 ans, les locataires s’engagent sur le long terme. Les dividendes sont par conséquent robustes et stables. Enfin, les loyers indexés sont supposés offrir une protection contre l’inflation. Des attraits qui attirent l’afflux de capitaux.

Envisagez-vous une consolidation du secteur des foncières françaises ?

En matière de rapprochement, l’essentiel a été fait. Cet été, Klépierre a racheté le néerlandais Corio, créant ainsi un géant de l’immobilier de commerce. Au même moment, Eurosic s’est porté acquéreur de la participation détenue par Realia dans Siic de Paris. Ajoutons l’offre publique d’achat de SMABTP sur la Société de la Tour Eiffel ou encore, en fin d’année dernière, la fusion de Foncière de Paris et de Foncière Paris France. Par ailleurs, les petites foncières, coquilles de grand acteurs tels Carrefour Property (Carrefour Property Development) ou Carlyle (Orosdi), ont été retirées de la cote. Il ne reste que peu de cibles naturelles, les foncières comme Unibail ou Gecina étant bien trop importantes.

Quelle évolution du secteur entrevoyez-vous ?

Les résultats en Bourse pour 2014, 2015 et sans doute 2016 vont être soutenus par un coût de la dette contenu, même si une pression sur les loyers est à attendre. Sur un plan macroéconomique, le scénario d’une désinflation pèserait moins fortement que la surcapacité (offre supérieure à la demande) avec laquelle doit composer le segment des bureaux. En revanche, les commerces y sont insidieusement sensibles par le pincement des marges des distributeurs. Quant à une remontée des taux, les cours des foncières seraient évidemment impactés. Mais ils ont déjà acté que l’OAT ne resterait pas indéfiniment à 1 %.

*Sociétés d’investissement immobilier cotées.

**'Real estate investment trust'.

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