Avis d’experts…Alain Leclair et Antoine Rolland président d’Emergence et président de NewAlpha AM

« Il faut un soutien fort des politiques et une plus grande participation des investisseurs »

le 10/04/2014 L'AGEFI Hebdo

A ce jour, la Sicav Emergence a incubé quatre sociétés de gestion dans son compartiment stratégies à performance absolue pour 130 dossiers étudiés. Le secteur est donc dynamique. Pourtant il ne décolle pas en France. Pourquoi ?

La clé pour ces jeunes pousses est de trouver des capitaux au démarrage (seed money). C’est moins un problème de qualité que de soutien financier initial aux projets les plus prometteurs. Emergence, initiative inédite pour une place financière dans ce domaine, apporte également des compétences pour structurer leur développement, une réponse concrète d’autant plus crédible qu’elle a le soutien de neuf des plus grands investisseurs institutionnels français…  Après l’incubation des quatre premiers fonds d’Eiffel Investment Group, de Bernheim, Dreyfus & Co, de Keyquant et de Rcube, nous allons annoncer notre dernier amorçage courant avril. Avec un investissement de 150 millions sur ce compartiment nous aurons ainsi permis à cinq sociétés entrepreneuriales de franchir un palier de croissance décisif.

Pensez-vous que 30 millions d’euros soient suffisants pour permettre à une société de gestion de décoller rapidement alors qu’outre-Atlantique, les plus gros « seeders »  consacrent généralement plus d’une centaine de millions de dollars par dossier ?

Oui, un premier investissement de 30 à 40 millions d’euros permet de réussir dans la gestion alternative. Pour preuve, à ce stade, dans les quatre sociétés de gestion que nous accompagnons, les encours ont progressé à 400 millions, sur le périmètre incubé, pour 120 millions investis. Emergence a eu un effet accélérateur incontestable pour être plus visible à l’international, et pour consolider ces structures. Certes, aux Etats-Unis, les tickets sont plus importants mais le modèle de développement, plus concentré et plus risqué, est différent. Maintenant, il faudrait un élan plus important de la part des investisseurs institutionnels en France.

Un fonds de plusieurs centaines de millions d’euros permettrait de faire émerger plus d’une dizaine de talents, ce qui aurait automatiquement un effet positif sur l’ensemble de l’industrie et serait une source d’exportation d’un savoir-faire français. Mais pour que cela soit possible, il faudrait un soutien fort des politiques et une plus grande participation des investisseurs, premiers bénéficiaires du succès de ces nouveaux talents.

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