Le pétrole iranien menace les cours du baril

le 23/07/2015 L'AGEFI Hebdo

Surplus. L’accord historique entre l’Iran et les grandes puissances du groupe P5 +1 (Allemagne, Chine, Etats-Unis, France, Royaume-Uni et Russie) sur le programme nucléaire iranien permet au pays de revenir dans le jeu économique mondial, notamment sur le marché de l’énergie. Riche des deuxièmes réserves mondiales de gaz et des quatrièmes de pétrole, ce dernier a vu sa production divisée par quatre en cinq ans. Toutefois, ce retour devrait être progressif. D’abord, la levée des sanctions prendra encore de six à neuf mois. Ensuite, si le pays peut rapidement augmenter de 50 % sa production, actuellement de 1,1 million de barils par jour, il devra investir pour remettre à niveau ses infrastructures. Cela dit,  l’histoire suggère que l’Iran pourrait restaurer sa production plus rapidement qu’anticipé par le consensus, menaçant d’accroître encore plus l’excès d’offre mondiale. Les prix de l’énergie risquent de pâtir de ce surcroît de production, selon les stratégistes de RBS. Les représentants de l’Iran à l’Opep pensent que cela ne prendrait que six mois pour doubler la production, soit plus d’un million de barils par jour supplémentaires d’ici un peu plus d’un an. Or l’Agence internationale de l’énergie (AIE) estime à 800.000 barils par jour l’excédent actuel sur le marché tandis que la demande progresse peu. Selon l’agence américaine de l’énergie, les prix pourraient donc diminuer de 5 à 15 dollars par baril. Pour Jodie Gunzberg, responsable global des marchés de matières premières de S&P Dow Jones Indices, il est difficile de prévoir quelle sera en réalité la production de l’Iran, ce qui provoquera une plus grande volatilité des prix. Lundi 20 juillet, le prix du Brent contrat septembre est passé sous les 57 dollars le baril et le cours du WTI spot s’inscrivait à 50,80 dollars.

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