Rencontre avec... Céline Méchain, responsable de la couverture des fonds de capital-investissement chez Goldman Sachs pour la France, la Belgique et le Luxembourg

« L’idée est de développer différentes poches dédiées »

le 09/04/2015 L'AGEFI Hebdo

« L’idée est de développer différentes poches dédiées »
Céline Méchain, responsable de la couverture des fonds de capital-investissement chez Goldman Sachs pour la France, la Belgique et le Luxembourg
(DR)

Pourquoi les acteurs du capital-investissement se tournent-ils de plus en plus vers les activités de dette ?

Ce phénomène, effectivement croissant, s’inscrit dans une logique de diversification. L’idée est de développer différentes poches dédiées, à l’image du crédit par exemple dans l’immobilier, l’infrastructure ou encore l’énergie, en vue de créer un « gestionnaire d’actifs alternatifs ». Une fois diversifiés, certains acteurs peuvent viser plus facilement à terme une introduction en Bourse quand ils ont atteint une certaine masse critique, ce qui est plus difficile pour les purs acteurs LBO (leveraged buy-out). Les rendements des fonds de crédit peuvent par ailleurs être très attractifs.

Quels types de synergies peuvent être développés ?

Des synergies peuvent intervenir dans l’origination. L’équipe LBO qui aurait identifié une opération intéressante mais ne répondant pas à ses critères d’investissement, ou qui aurait participé à une enchère mais perdu l’actif au profit d’un concurrent, peut par exemple transférer le dossier à son équipe de dette sous réserve de l’accord des acheteurs et des vendeurs. En revanche, si l’équipe LBO réalise la transaction, il est plus rare que le pôle dette en réalise le financement du fait du principe de diversification des risques. Si tel est le scénario, l’une des deux équipes intervient en général en minoritaire.

Qu’en est-il de l’activité au sein de Goldman Sachs ?

Etant très actifs dans le domaine du capital-investissement, nous disposons de deux fonds de dette privée (fonds mezzanine et dette senior) qui sont mondiaux et totalisent un peu plus de 8 milliards de dollars. Le premier fonds senior a été levé en 2008. Disposer de ce fonds a constitué un atout majeur après la crise car durant cette période, le crédit s’est raréfié et la disponibilité de ce fonds a permis de compléter le financement d’un grand nombre d’opérations.

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