BNY Mellon IM, au bonheur des boutiques de gestion

le 11/12/2014 L'AGEFI Hebdo

Le gestionnaire américain poursuit sa marche en avant en France avec désormais plus de 4 milliards de dollars d’actifs.

Son jugement sur la gestion d’actifs est enthousiaste : « Nous avons beaucoup de chance de travailler dans ce secteur. Il est en croissance, rentable et innovant », lance PeterPaul Pardi, responsable mondial de la distribution et directeur de la gestion pour la zone Emea (Europe, Moyen-Orient, Afrique) au sein de BNY Mellon Investment Management (IM). De fait, le mastodonte américain, justifiant à fin septembre de 1.645 milliards de dollars (1.330 milliards d’euros) d’actifs sous gestion, est bien loin d’avoir assouvi sa soif de croissance internationale. Une croisade passant par la France depuis 2005, avant l’ouverture d’un bureau parisien de distribution quatre ans plus tard.

L’organisation mondiale du gestionnaire repose sur un assemblage atypique. BNY Mellon IM se compose de 16 entités distinctes. Trois d’entre elles sont dédiées à la distribution des fonds, pour chacune des zones Amérique, Emea et Asie-Pacifique. Les 13 autres sont autant de centres indépendants de production de gestion (sept aux Etats-Unis, cinq en Europe, une en Amérique latine), permettant au groupe de se prévaloir du rang de « plus grand gestionnaire multiboutiques au monde ». Délégataires de la gestion des actifs des entités distributrices (près d’un quart des actifs totaux de BNY Mellon IM, représentant la moitié de ses revenus), ces « boutiques » conservent, sauf dans certains pays dont la France, le contact direct avec les clients institutionnels sous mandats et les consultants. Et si, pour certaines, le qualificatif de « boutique » reste approprié, d’autres tiennent davantage du grand magasin – les deux plus importantes, le britannique Insight Investment et l’américain Mellon Capital, contribuant à elles seules à hauteur de 54 % aux actifs du groupe.

Cette architecture repose ainsi sur la coexistence d’entités indépendantes en termes de gestion. C’est bien « ce respect d’un processus d’investissement spécifique, et sous une marque propre » qui constitue, selon PeterPaul Pardi, « l’un des fondements du pouvoir d’attraction du système aux yeux des boutiques ». Celles-ci y trouvent, en outre, « une capacité de distribution mondiale ainsi que le soutien financier et organisationnel d’un groupe puissant », par ailleurs numéro un mondial de la conservation et dont la gestion d’actifs représente un tiers des revenus.

Indépendance de gestion

Cette approche offre à BNY Mellon IM une grande palette d’expertises. Les recoupements ne sont pas seulement assumés, mais revendiqués. « Chaque grand esprit a une vision différente », plaide PeterPaul Pardi pour souligner « la complémentarité des philosophies de gestion ». Le dirigeant reconnaît en parallèle « certains défauts de couverture, particulièrement dans la gestion alternative ». Avec l’acquisition en cours du spécialiste américain des taux Cutwater Asset Management, le groupe réalise un mouvement tenant à cœur à PeterPaul Pardi : ouvrir plus largement les portes du marché américain aux boutiques britanniques, en l’occurrence Insight Investment qui prendra Cutwater sous sa coupe.

La directrice générale de BNY Mellon IM pour la France et le Benelux, Anne-Laure Frischlander, se targue d’une « progression linéaire des actifs sous gestion depuis 2009 d’un milliard de dollars à 4,3 milliards, avec une collecte nette de 600 millions cette année ». Un développement fondé avant tout sur la distribution des fonds Ucits de droit irlandais BNY Mellon Global Funds (70 % des actifs) et piloté par une équipe de neuf personnes (après un départ et deux recrutements cette année). Dans un marché local « peu ouvert aux sociétés de gestion étrangères, dont la part de marché reste inférieure à 15 % », Anne-Laure Frischlander précise avoir « en premier lieu concentré [ses] efforts sur les institutionnels, avec des produits de diversification dédiés aux marchés émergents ou aux obligations internationales, avant de [s’] ouvrir progressivement aux réseaux de distribution, qui représentent aujourd’hui près d’un quart des actifs ». Si, pour 2015, la dirigeante a pour objectif d’engranger une collecte comparable à celle de cette année, elle souhaite surtout « devenir incontournable, voir progresser notre part de marché pour figurer à court terme parmi les cinq principaux acteurs étrangers en France ». PeterPaul Pardi, pour qui le marché français est l’un des plus prometteurs sur le Vieux Continent, lance que la capacité de conseil de l’équipe locale « permet au client de naviguer avec confiance au sein d’une offre riche de plus de 300 stratégies de gestion ». « Cela nous donne un petit côté consultant très apprécié par la clientèle », renchérit la patronne du bureau parisien.

2007, rapprochement entre Bank of New York et Mellon Financia

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