Portrait... Jean-François Mastrangelo, responsable de l'ingénierie sur produits structurés chez Société Générale CIB

« Le besoin d’ingénierie financière est sain et ira croissant »

le 06/11/2014 L'AGEFI Hebdo

« Le besoin d’ingénierie financière est sain et ira croissant »
Jean-François Mastrangelo, responsable de l'ingénierie sur produits structurés chez Société Générale CIB
(DR)

Jean-François Mastrangelo s’est hissé dans l’organigramme de la banque de financement et d’investissement de Société Générale (SG CIB) à une vitesse fulgurante. A tout juste 32 ans, il pilote aujourd’hui une équipe d’une quarantaine de personnes, des traders, des vendeurs et des structureurs dédiés à l’élaboration de solutions financières réputées complexes, les produits structurés. Son parcours universitaire est tout aussi remarquable. Pur produit des grandes écoles d’ingénieurs, Jean-François Mastrangelo est diplômé en 2003 de l’Ecole Polytechnique et intègre dans la foulée les rangs de l’Ecole nationale des Ponts et Chaussées. Trois ans plus tard, cet X-Ponts, deuxième de sa promotion, tourne le dos à la haute fonction publique, pour se diriger vers la finance. Une pantoufle (démission du service public) qu’il doit « à son intérêt pour l’économie, confie-t-il. Un environnement qui nécessite des connaissances mathématiques, une compréhension fine de problématiques complexes ancrées dans la réalité de notre quotidien ». Il avoue sans détour abjurer les échéances de « court terme », cette finance qu’il n’aime pas pour lui préférer « un travail d’ingénierie qui va bien au-delà de la seule journée ». SG CIB lui offre en 2006 ce qu’il recherchait : une équipe solide d’ingénieurs qu’il estime indépendants. « Chez Société Générale, les équipes d’ingénierie disposent d’une existence propre dans l’écosystème vendeurs/traders/structureurs, relève Jean-François Mastrangelo. Et cela, contrairement à certaines banques anglo-saxonnes qui éprouvent parfois une difficulté à trouver le bon équilibre entre le risque que ces solutions font porter à leur bilan et l’intérêt de leurs clients. » S’il fait ses classes dans la banque rouge et noire en qualité d’ingénieur sur les produits actions, il prend rapidement la responsabilité du service dédié aux institutionnels, de la plate-forme londonienne – offre équivalente à celle de Paris –, avant d’embrasser au début de cette année l’ensemble des expertises structurées à la fois sur les actions, le crédit et les taux, distribuées auprès des grands investisseurs mais aussi du retail et en gestion privée.

Dans le principe, selon les appétences des investisseurs, le véhicule est élaboré pour prendre la forme d’un produit de participation, d’un fonds à capital garanti ou protégé, d’un produit de rendement… moyennant une indexation à définir. « Si les fonds structurés ont été longtemps l’apanage d’indexations en actions, l’offre a dû s’adapter aux besoins des investisseurs et au contexte de marché des dernières années, sur fond d’évolution réglementaire », explique le responsable d’équipe. Pour lui, sans capacité d’adaptation, point de salut. Une faculté qu’il exige de ses recrues, « qui doivent impérativement être inventives, disposer d’un sens relationnel développé et être versées dans les nouvelles technologies », décrit-il. Proposer de nouvelles idées d’investissement est un préalable à un environnement financier en constante modification. Il tente de donner l’exemple, se définit comme entraîneur et joueur, et défend la promotion de nouvelles idées. Quant à l’avenir, il l’entrevoit, confiant. « Le besoin d’ingénierie financière est sain et ira croissant », livre-t-il. Eriger des solutions financières pour répondre à des besoins complexes des investisseurs, c’est sans doute cela la belle ouvrage.

A lire aussi