Rencontre avec... Olivier Belorgey, directeur de la gestion financière chez Crédit Agricole SA

« Les banques planchent sur la façon la moins chère de se conformer au TLAC »

le 30/04/2015 L'AGEFI Hebdo

« Les banques planchent sur la façon la moins chère de se conformer au TLAC »
(DR)

Selon quelle approche sollicitez-vous les investisseurs en dette subordonnée ?

Nous avons commencé par restaurer notre structure financière avant de faire appel aux investisseurs en dette subordonnée, leur premier critère pour la souscrire étant la qualité intrinsèque du crédit de l’émetteur. En tant qu’établissement systémique, nous sommes soumis à des contraintes renforcées de fonds propres, ce qui a contribué au bon accueil de nos émissions subordonnées, trois l’an dernier et une cette année.

Quels sont les points qui retiennent l’attention des investisseurs ?

Début 2014, les investisseurs regardaient la distance au « trigger » (« déclencheur », NDLR) de réduction du nominal, puis, en octobre, la capacité de distribution du coupon. A présent, ils s’intéressent au TLAC (total loss absorbing capacity). Cette exigence est d’autant plus forte qu’en l’état actuel des textes, elle relèverait du pilier 1 : si les exigences en fonds propres ne sont pas respectées, la banque ne pourra pas distribuer de dividende ou de coupon.

A quels types de nouvelles émissions le TLAC va-t-il donner lieu ?

Toutes les banques planchent sur la façon la moins chère de se conformer au TLAC, et l’Allemagne est par exemple en train de préparer un projet de loi sur la subordination de toutes les dettes seniors. Nous serions, de notre côté, favorable à la création d’une dette Tier 3, subordonnée contractuellement, mais les documentations Tier 2 actuelles sont peu compatibles avec ces instruments.

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