Aberdeen AM diversifie ses classes d’actifs par croissance externe

le 06/11/2014 L'AGEFI Hebdo

Le gérant britannique poursuit l’intégration de Swip. Et multiplie les efforts sur le continent américain où il souhaite acquérir une taille significative.

Aberdeen AM diversifie ses classes d’actifs par croissance externe
John Brett, responsable de la distribution au niveau mondial pour Aberdeen Asset Management.
(DR)

John Brett, responsable de la distribution au niveau mondial pour Aberdeen Asset Management, se veut rassurant : « Nous sommes tout à fait dans les temps. » Le gérant britannique, qui a annoncé il y a un an le rachat de Scottish Widows Investment Partnership (Swip) au groupe bancaire britannique Lloyds Banking Group pour une transaction (toute en actions) de 550 millions de livres (699,60 millions d’euros), se fixe la fin de cette année pour l’intégration des équipes de front-office : « Dans toute fusion, l’action la plus importante est la gestion de l’argent de nos clients, rappelle le professionnel. L’intégration des plates-formes informatiques devrait prendre jusqu’à la fin de l’année prochaine. »

Aberdeen, qui a finalisé l’acquisition de Swip le 1er avril, est rompu à l’exercice : au cours des dernières années, le gérant a multiplié les opérations de croissance externe avec notamment le rachat en 2005 d’un certain nombre de fonds de Deutsche Bank, suivi en 2009 par celui des opérations de gestion d’actifs de Credit Suisse. Outre un partenariat stratégique exclusif de long terme avec LBG sur la partie solutions d’investissement, le rapprochement avec Swip lui permet aujourd’hui de rééquilibrer un portefeuille d’actifs largement exposé aux marchés émergents.

Après une année 2013 et un premier semestre chahutés, Aberdeen a constaté un ralentissement de la décollecte en août et septembre à 1,7 milliard de livres : « En rachetant Swip, nous n’avions pas l’intention de diminuer l’importance de notre portefeuille d’actions mais bien de faire croître d’autres classes d’actifs, à l’image de l’immobilier, l’obligataire ou encore les solutions alternatives », explique John Brett. Selon la nouvelle composition du groupe, les actions représentent 34 % de l’ensemble au 31 août dernier, comparé à 55 % avant le rapprochement des deux entreprises (voir le graphique).

Complémentarités

La fusion des deux organisations a également entraîné la suppression d’environ 150 emplois, répartis entre Swip et Aberdeen. Mais John Brett préfère évoquer la similarité des cultures entre les deux entreprises et l’ambition plus noble de la fusion : « L’objectif du rachat de Swip n’a jamais été de réduire massivement les coûts mais bien de s’équiper de produits et d’expertises complémentaires. »

Parmi les conséquences directes de ce rachat, les frais moyens de gestion (management fees) ont été revus à la baisse : à hauteur de 50 points de base (pb) pour Aberdeen seul, ils ne sont plus que de 36,5 pb pour le groupe consolidé : « Il faut bien garder en tête qu’une proportion importante des actifs détenus par Swip était constituée par des gros fonds d’assurance, et ce type de mandats génère en général des ‘fees’ beaucoup moins élevés, souligne John Brett. A l’avenir, nous pensons que le taux moyen se rapprochera à nouveau des 50 pb, qui correspond au taux d’Aberdeen, conséquence de la distribution de certains produits de Swip, comme leur fond ‘absolute return’, au travers de l’ensemble des plates-formes de distribution d’Aberdeen. » Car l’acquisition de Swip est un gain inestimable pour Aberdeen en termes de distribution. « Nous allons également tirer parti de la volonté de croissance de Lloyds Wealth (les opérations de gestion privée de LBG, NDLR) : les actifs dont cette société fera l’acquisition filtreront directement dans les opérations d’Aberdeen », poursuit le directeur de la distribution globale. Ainsi, le groupe s’attend à dégager une marge opérationnelle de 55 % lors de la première année d’exploitation.

Si l’intégration de Swip reste encore le principal sujet d’attention pour le gérant, il n’en perd pas pour autant de vue les opportunités de croissance ailleurs : « Avec 50 % à 60 % de la richesse mondiale, les Etats-Unis restent évidemment un marché très important pour nous », remarque John Brett. Le gérant, qui a procédé l’an dernier à l’acquisition du spécialiste obligataire américain Artio Global Investors, n’envisage pas à l’heure actuelle d’autres opérations de croissance externe sur ce marché mais reconnaît que des progrès restent à faire : « Nos performances sur le marché institutionnel ont été bonnes aux Etats-Unis, en particulier sur le segment de la vente des actions internationales, mais notre historique de performance est moins favorable dans la vente de produits locaux, si bien que nous travaillons actuellement à nous assurer d’avoir les produits adéquats et les bonnes infrastructures de distribution dans ce marché », conclut le responsable.

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