Partenariat

Investissement durable – les décennies décisives

Janus Henderson Investors
le 08/11/2021

Investissement durable – les décennies décisives

Beaucoup de choses peuvent se passer en trente ans. Nous avons assisté à des progrès spectaculaires dans le domaine des sciences, des technologies et des communications au cours des trente dernières années. Simultanément, l'adoption de pratiques durables est devenue indispensable. À l'occasion du 30ème anniversaire de la création de notre équipe Global Sustainable Equity, nous revenons sur les évolutions qui ont façonné l'investissement durable et le monde dans lequel nous vivons aujourd'hui.

Le document de 1987 intitulé « Notre avenir à tous », également connu sous le nom de rapport Brundtland, est à l'origine de l'investissement durable. Si l« l’investissement responsable » remonte à bien plus longtemps, le concept de développement durable a lui été introduit par le rapport commandé par les Nations unies. Ce dernier a défini le développement durable comme « un développement économique qui répond aux besoins présents sans compromettre la capacité des générations futures à satisfaire les leurs ». L'équipe Global Sustainable Equity a commencé à investir quatre ans plus tard en se fondant sur ces principes.

Nous regroupons les vecteurs du développement en trois sections dans le cadre de cette rétrospective :

1 : La science - faire évoluer les perspectives d'espérance de vie

La science et la technologie ont considérablement évolué en 30 ans. Bien avant l’entrée dans le nouveau millénaire, les médecins et scientifiques avaient réalisé la première triple transplantation d'organe (1986) et réussi à cloner un mouton (1996). Depuis lors, la médecine a continué à enregistrer des progrès majeurs qui ont un impact important sur nos vies. Ils ont contribué à la forte baisse de la morbidité et de la mortalité liées au virus du SIDA, à la réduction de la mortalité liée aux maladies cardiovasculaires, à des taux de réussite plus élevés que jamais en chirurgie et, bien entendu, aux programmes de vaccination contre la pandémie de COVID. Dans les pays en développement, l'introduction de la vaccination, associée à d'autres interventions en matière de santé et de développement - notamment l'accès à l'eau et à l'assainissement, une meilleure hygiène et l'éducation - a permis de réduire de deux millions le nombre annuel de décès d'enfants de moins de cinq ans au cours des dix années précédant 2010.

Mais si les traitements des affections non génétiques se sont améliorés, il n’en est pas de même de la compréhension des maladies génétiques. En 2003, le séquençage du génome humain a constitué une percée attendue depuis longtemps dans la technologie moderne et a changé la donne. C'est l’aboutissement d'un projet de 13 ans et de 2,7 milliards de dollars qui a transformé la biologie moderne grâce à la « grande » science. Le génome humain peut aujourd’hui être séquencé pour moins de 1 000 dollars et en 24 heures environ.2 On estime que l'utilisation de services de thérapie génique pourrait réduire jusqu'à 70 % la mortalité et l'invalidité chez les enfants de moins de cinq ans.3

Le niveau de vie a progressé dans une grande partie du monde, tout comme l'espérance de vie. En 2011, l’espérance de vie mondiale moyenne était de 70 ans alors qu’elle atteint à présent 73 ans selon l'Organisation mondiale de la santé.4 2011 a également été l'année où deux tiers de la population ont eu accès à l'eau potable. Ce chiffre est passé à 75 % l’an passé.

2. La croissance démographique a un coût

Les progrès scientifiques ont contribué à façonner la population mondiale, qui s’est urbanisée rapidement. En 2011, la population mondiale a atteint sept milliards d'individus - soit un milliard de plus que douze ans auparavant - et l'impact humain sur l'environnement est devenu flagrant. La population mondiale s'élève aujourd’hui à 7,8 milliards d'individus et les effets sont de plus en plus visibles. L'utilisation des ressources, la multiplication des déchets et les dommages causés à l'environnement se sont accrus en raison de la croissance démographique. La situation s’est dégradée du aux habitudes de consommation du modèle économique linéaire actuel (extraire-fabriquer-jeter).

Nous pensons que la prochaine étape pour la durabilité de la planète consiste à dissocier la croissance de la consommation de ressources finies en fonctionnant selon un modèle économique circulaire.»

La production de plastique a explosé au cours des soixante-dix ans qui ont suivi sa création, atteignant 381 millions de tonnes en 2015.5 Pourtant, 91 % de ce plastique n'est pas recyclé, ce qui se traduit par des décharges saturées et la détérioration de la santé de nos océans.6 11 millions de tonnes entrent dans les océans chaque année, et une étude a montré que l'eau potable non traitée contient 4,9 microplastiques par litre.7 Les pratiques agricoles intenses ont entraîné une déforestation dramatique à travers le monde, particulièrement flagrante en Amérique. Dans le même temps, l'incroyable biodiversité de la planète s'amenuise. Le Fonds mondial pour la nature a indiqué que la population animale mondiale a diminué de 68 % en moyenne entre 1970 et 2016.8

Pendant ce temps, le CO2 atmosphérique, qui contribue au réchauffement de la planète, a continué à augmenter. En mai 2013, l'observatoire de Mauna Loa à Hawaï a enregistré une concentration moyenne quotidienne de CO2 de 400 parties par million pour la première fois depuis que les mesures ont débuté en 1958.9 Ce chiffre atteint aujourd’hui 412,97 parties par million. Le réchauffement climatique a provoqué la fonte des calottes glaciaires à un rythme alarmant et la glace arctique a perdu 40 % d’épaisseur depuis la fin des années 1970.10 Les phénomènes météorologiques extrêmes (incendies de forêt, ouragans et inondations) sont ainsi devenus plus fréquents dans le monde entier.

Le rythme et l'intensité de l'impact de l'humanité sur la planète sont évidents. La population mondiale a augmenté, et avec elle la consommation des ressources naturelles limitées de la Terre. Il est important de faire remarquer que l'utilisation des ressources n'est pas la même pour tous. Mais si des millions d'individus vivent toujours sous le seuil de pauvreté, l'effet cumulé total est significatif et dévastateur. Cela pose la question clé à laquelle le monde est actuellement confronté : sommes-nous prêts à accepter les compromis et les coûts potentiellement inconfortables provoqués par le passage d'un modèle économique linéaire non durable à une économie circulaire fondée sur des facteurs renouvelables, électriques et numériques ?

3. Innovation - solutions potentielles

Le World Wide Web a été créé en 1989. Le scientifique et inventeur anglais Tim Berners-Lee était loin de se douter, à l'époque, que l’Internet allait changer à jamais les relations sociales. La communication mondiale gratuite allait bientôt se généraliser et constituer un déterminant essentiel de l'évolution sociale et commerciale. Depuis la fin des années 90, les particuliers, les entreprises et les États ont utilisé l'Internet pour transformer les pratiques de communication et, dans certains cas, totalement supprimer les obstacles à la communication.

L'Internet a également eu un impact profond sur l'éducation et le bien-être. Il a donné accès à une multitude de connaissances, des formes variées de communication et des ressources éducatives aux quatre coins du monde, contribuant ainsi à combler le fossé éducatif entre les populations urbaines et rurales. L'Internet a également permis à de nombreuses personnes de sortir de la pauvreté en donnant l’accès aux pays en développement à l'économie moderne et en facilitant le développement des compétences professionnelles. Une étude de la Banque mondiale a souligné une amélioration du bien-être des ménages ayant accès au haut débit.11

Toute l'architecture technologique du monde actuel est bâtie autour de l'Internet. Les données peuvent être stockées, gérées et consultées sans qu’il faille posséder une infrastructure physique telle que des serveurs de données. Cette technologie, appelée « cloud computing », permet un accès à distance efficace, à la demande et multiplateforme à un vaste réseau. Elle peut aussi contribuer aux initiatives de durabilité. Selon une étude d'Accenture, si toutes les entreprises migraient vers le cloud, les émissions de CO2 pourraient diminuer de 59 millions de tonnes. Cela équivaudrait à retirer 22 millions de voitures de la circulation.12

L'innovation dans le domaine des technologies propres a également connu de grands progrès au cours des trois dernières décennies. L'énergie solaire, l'énergie éolienne, l'énergie hydraulique, l'énergie géothermique et l'énergie marémotrice constituent aujourd’hui les principaux types d'énergie renouvelable. Entre 1990 et 2018, l'offre mondiale totale d'énergie renouvelable a augmenté à un taux annuel moyen de 2 %, contre 1,8 % pour l'ensemble des énergies, les pays émergents représentant la majorité de la croissance de l'énergie solaire.13, 14 En 2015, le Costa Rica été le premier pays a fonctionner avec succès avec 100 % d'énergie renouvelable. Par ailleurs, les sources renouvelables ont dépassé les combustibles fossiles dans la production d'énergie en Europe en 2020.15, 16

Les batteries sont un autre élément important de la durabilité. Ce domaine a connu de nombreuses innovations au cours de la dernière décennie. Pour accroître la pénétration des énergies renouvelables, il faut pouvoir capter, stocker et utiliser l'énergie selon les besoins. Les progrès réalisés dans le domaine de la technologie des batteries ont ainsi joué un rôle essentiel dans la réduction de la dépendance aux combustibles fossiles.

Les batteries rechargeables lithium-ion, présentes dans les appareils électroniques portables tels que les téléphones mobiles et les ordinateurs, ainsi que dans les véhicules hybrides et électriques (VE), ont changé la donne. La première voiture électrique a été produite en série par General Motors en 1996, avec une technologie de batterie moins avancée. Si l'aventure EV1 de General Motors n'a pas été couronnée de succès, elle a ouvert la voie à la production en série de voitures électriques. Les VE d'aujourd'hui bénéficient de l'autonomie et de la légèreté des batteries lithium-ion. La production de batteries lithium-ion a explosé au cours des 10 dernières années, entraînant une baisse de 85 % de leur prix et rendant ainsi les VE commercialement viables. Rien que l'an passé, les ventes mondiales de VE ont augmenté de 41 %.17, 18

L'Accord de Paris sur le climat de 2015 a fixé des objectifs ambitieux pour limiter le réchauffement climatique. Les économies les plus industrialisées du monde ont réagi en mettant en place des politiques visant à atteindre ces objectifs. Le Royaume-Uni, les États-Unis et l'Union européenne ont pour objectif la neutralité carbone d'ici à 2050, objectif que la Chine entend atteindre d'ici à 2060. La feuille de route 2021 pour un bilan énergétique net zéro de l'Agence internationale de l'énergie décrit l'ampleur, le rythme et l'engagement politique nécessaires pour atteindre cet objectif. Il faudra investir au moins 4 000 milliards de dollars par an dans les technologies d’énergies propres d'ici à 2030. Aujourd'hui, les pays ont engagé une énorme quantité de capitaux pour créer les conditions d'un boom d'investissement synchronisé au niveau mondial dans les technologies propres.

La voie vers une économie circulaire

Le rapport Brundtland définit le développement durable comme un « mode de développement qui répond aux besoins des générations présentes sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs ». D’importants défis persistent malgré les énormes progrès réalisés en matière de durabilité au cours des trente dernières années. En l'état actuel des choses, nous « fonçons droit dans le mur » avec un modèle économique qui demeure linéaire et fondé sur les combustibles fossiles.

La science et la technologie ont toutefois fait des progrès et nous savons à présent ce qu’il faut faire pour rendre la planète durable. Nous pensons que la prochaine étape pour la durabilité de la planète consiste à dissocier la croissance de la consommation de ressources finies en fonctionnant selon un modèle économique circulaire. Selon ce modèle, l'avenir sera façonné par des forces renouvelables, électriques et numériques. Mais pour en arriver là, il faudra des décisions politiques concertées au plus haut niveau et un engagement face à des choix difficiles.

Nous voyons le monde à travers le prisme de la durabilité depuis 30 ans. Nous sommes convaincus qu’il est possible de mener à bien les changements nécessaires et que l'innovation sera essentielle pour surmonter les obstacles à venir.  En continuant à nous adapter et à promouvoir les technologies déjà en place, nous pensons qu'il est possible, et essentiel, de passer au modèle d’économie circulaire.

Pour plus d’informations sur notre stratégie d’investissement durable, cliquez ici

Notes de bas de page

1Organisation mondiale de la santé, Plan d'action mondial pour les vaccins

2National Human Genome Research Institute, « The Cost of Sequencing a Human Genome », décembre 2020

3J. Zarocostas, « Serious birth defects kill at least three million children a year », février 2006

4Our World In Data, Espérance de vie, octobre 2019

5Our World in Data, La pollution plastique, septembre 2018

6National Geographic Society, 91 % des déchets plastiques ne sont pas recyclés, juillet 2019

7Marine Conservation Society, 2021

8Fonds mondial pour la nature, septembre 2020

9National Oceanic and Atmospheric Administration, 2021

10Royal Society, « Why is Arctic sea ice decreasing while Antarctic sea ice is not? », mars 2020

11Banque mondiale, « Expanding mobile broadband coverage is lifting millions out of poverty », décembre 2020

12Accenture, « The green behind the cloud », septembre 2020

13Agence internationale de l'énergie, « Renewables Information », août 2021

14Carbon Brief, Analyse: How developing nations are driving record growth in solar power, novembre 2017

15Time, Comment le Costa Rica a tenu 75 jours en utilisant uniquement de l'électricité propre, avril 2015

16Bloomberg, « Renewables Beat Fossil Fuels in EU for First Time Last Year », Janvier 2021

17CNBC, La décennie de la batterie : Comment le stockage de l'énergie pourrait révolutionner les industries dans les 10 prochaines années, décembre 2019

18Agence internationale de l'énergie, « Global electric car sales set for further strong growth after 40 % rise in 2020 », avril 2021

Les opinions exprimées ici sont celles de l'auteur au moment de la publication du présent document et peuvent différer de celles d'autres collaborateurs/équipes de Janus Henderson Investors. Les références à des titres, fonds, secteurs et indices au sein du présent document ne sauraient être interprétées comme une offre ou une sollicitation d'achat ou de vente. 

Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Toutes les données de performance tiennent compte du revenu, des gains et des pertes en capital mais n'incluent pas les frais récurrents ou les autres dépenses du fonds.

La valeur d’un investissement et ses rendements peuvent augmenter ou diminuer et vous pourriez ne pas récupérer l’intégralité du montant investi à l’origine.

Les informations contenues dans cet article ne constituent pas une recommandation d'investissement.

 À des fins promotionnelles. Pour les professionnels uniquement. Les informations contenues dans cet article ne constituent pas une recommandation d'investissement. Les opinions exprimées ici sont celles de l'auteur au moment de la publication du présent document et peuvent différer de celles d'autres collaborateurs/équipes de Janus Henderson Investors. La valeur d’un investissement et ses rendements peuvent augmenter ou diminuer et vous pourriez ne pas récupérer l’intégralité du montant investi à l’origine.

Publié en Europe par Janus Henderson Investors. Janus Henderson Investors est le nom sous lequel les produits et services d'investissement sont fournis par Janus Capital International Limited (numéro d'enregistrement 3594615), Henderson Global Investors Limited (numéro d'enregistrement 906355), Henderson Investment Funds Limited (numéro d'enregistrement 2678531), Henderson Equity Partners Limited (numéro d'enregistrement 2606646), (sociétés enregistrées en Angleterre et au Pays de Galles, chacune réglementée par la Financial Conduct Authority et dont le siège social est sis au 201 Bishopsgate, Londres EC2M 3AE) et Henderson Management S.A. (numéro d'enregistrement B22848 sis au 2 Rue de Bitbourg, L-1273, Luxembourg et réglementée par la Commission de Surveillance du Secteur Financier).

Henderson Management S.A. est autorisé à exercer ses activités en France par l'intermédiaire de sa succursale française conformément aux dispositions du passeport européen pour les fournisseurs de services d'investissement en vertu de la Directive 2004/39 du 21 avril 2004 concernant les marchés d'instruments financiers. L'agence Française de Henderson Management S.A. est enregistrée en France en tant que Société Anonyme d'un Etat membre de la CE ou partie à l'accord sur l'espace économique européen avec un numéro d'enregistrement 848 778 544 R.C.S. Paris et le siège statutaire à 32 rue des Mathurins, 75008 Paris, France.

Janus Henderson, Janus, Henderson, Knowledge Shared, Knowledge. Shared et Knowledge Labs sont des marques déposées de Janus Henderson Group plc ou de l'une de ses filiales. © Janus Henderson Group plc.
 

A lire aussi