Les enquêtes IHS Markit offrent un tableau mitigé de la croissance manufacturière en Europe

le 01/08/2018

Selon les enquêtes IHS Markit, l'activité dans le secteur manufacturier a enregistré une hausse en France et en Allemagne en juillet, mais a fléchi en Italie, Espagne et aux Pays-Bas.

Le groupe d’information financière Markit avait été introduit en Bourse l’an dernier. Capture écran.

Les résultats des enquêtes IHS Markit, définitifs pour certains pays, publiés ce mercredi, dans le secteur manufacturier pour juillet offrent un tableau contrasté de l'activité parmi les principaux pays européens.  

En Allemagne le secteur manufacturier a vu sa croissance s'accélérer en juillet, à la faveur d'une hausse de la production et de solides nouvelles commandes. L'indice PMI du secteur, qui représente environ 20% de l'économie allemande, est remonté à 56,9, retrouvant son niveau de mai, après 55,9 en juin, chiffre qui avait constitué un creux de 18 mois.

Même si l'indice est légèrement inférieur à l'estimation "flash" de 57,3, il reste néanmoins bien supérieur à la barre de 50 qui distingue croissance et contraction de l'activité.

En France, la croissance de l'activité dans le secteur manufacturier est repartie en juillet  après son ralentissement de juin, mois où elle était tombée à son plus faible niveau depuis février 2017, et ce malgré une baisse des commandes à l'exportation. Le mois dernier, l'indice PMI synthétique du secteur manufacturier s'est établi à 53,3, un niveau supérieur à sa première estimation "flash" de 53,1 publiée le 24 juillet , contre 52,5 en juin.

Il se maintient pour le 22ème mois consécutif au-dessus du seuil de 50. Malgré son rebond, il reste nettement en-deçà des plus hauts de plus de 17 ans touchés fin 2017.

Par rapport à juin, le rythme de croissance de la production et des nouvelles commandes est lui aussi reparti en hausse, à l'exception des commandes à l'export, qui enregistrent leur premier recul depuis 22 mois, les économistes de Markit y voyant une conséquence des tensions commerciales internationales du moment.

Dans le même temps, les entreprises du secteur manufacturier ont continué de renforcer leurs effectifs le mois dernier, et ce au rythme le plus élevé depuis janvier. Elles sont plus optimistes qu'en juin sur la croissance de leur activité pour l'année à venir. 

 

En Grande-Bretagne, la croissance du secteur manufacturier dans la zone euro s'est légèrement accélérée en juillet mais elle reste limitée en raison des inquiétudes concernant auss bien les tensions commerciales mondiales que la hausse des prix. Après avoir reculé pendant six mois de suite, l'indice PMI IHS Markit est remonté à 55,1, conformément à sa version "flash", contre 54,9 en juin, niveau qui avait représenté un creux de 18 mois et 55,5 en mai.

En Italie, en Espagne et aux Pays-Bas, la croissance de l'activité manufacturière a fléchi.

En Italie, l'indice Markit/ADACI PMI est ressorti à 51,1, un creux depuis octobre 2016, contre 53,3 le mois dernier et 52,7 en mai. Après son pic de sept ans de 59,0 enregistré en janvier, l'indice se rapproche de la barre des 50.

En Espagne, l'indice Markit est ressorti le mois dernier à 52,9 contre 53,4 en juin comme en mai. Il se situe néanmoins toujours au-dessus de la barre des 50 et ce depuis novembre 2013.

Depuis 2013, l'économie espagnole est sortie du marasme plus rapidement que le reste de l'Europe, mais son rythme de croissance a ralenti et devrait être à 2,7% cette année, après avoir été à 3% ou plus au cours des trois dernières années.

Enfin aux Pays-Bas, la croissance de l'activité manufacturière aux Pays-Bas est tombée à son rythme le plus lent en 14 mois, en raison à la fois d'un ralentissement notable de la hausse de la production et des nouvelles commandes et de l'augmentation des prix décidée par les entreprises en réaction à la hausse du coût des matières premières.

L'indice PMI Nevi est ainsi revenu à 58,0, contre 60,1 en juin, reculant ainsi pour le cinquième mois d'affilée. "Le secteur manufacturier néerlandais a ralenti de manière notable en juillet tout en continuant d'afficher dans son ensemble une croissance solide", déclare Trevor Balchin, économiste chez Markit.

Sur le même sujet

A lire aussi