Veolia négocie auprès d’EDF la reprise en main totale de Dalkia

le 28/01/2008

Des discussions sont en cours, selon des sources concordantes. Veolia détient aujourd’hui 66 % du spécialiste des services énergétiques et EDF 34 %

Depuis de longs mois, une évolution de l’actionnariat est attendue par le marché. Cette fois, un pas a été franchi. Des discussions ont été engagées entre Veolia Environnement et EDF en vue de la reprise en main totale de Dalkia par Veolia Environnement, a appris L’Agefi de sources concordantes. Concrètement, il s’agirait donc pour Veolia de reprendre les 34 % détenus par EDF. Ce qui lui permettrait de contrôler 100 % du leader européen des services énergétiques. Toutefois, tempèrent ces mêmes sources, l’annonce d’un accord ne serait pas imminente.

Parmi les sujets de discussion se trouve notamment la question de la valorisation de cette filiale dont les comptes consolidés 2006 présentent un résultat opérationnel de 382 millions d’euros pour un produit d’activités de 6,15 milliards d’euros. Les conditions de l’accord signé en juin 2000 et entérinant l’entrée d’EDF dans Dalkia (dans l’optique de l’ouverture des marchés de l’énergie) peuvent déjà donner une piste. Le communiqué diffusé à cette époque mettait en avant une valeur d’entreprise de 3,5 milliards d’euros. Des experts en avaient déduit qu’en marge d’un apport d’activités pesant environ 10 % du total, EDF avait alors dû débourser environ 1 milliard d’euros.

Depuis, « on peut tout de même supposer que la valeur de cet actif s’est appréciée », avance un analyste qui fait référence à la hausse des valorisations dans le secteur et à l’évolution du groupe. Si cet expert ne se risque pas à une estimation (comme nombre de ses pairs d’ailleurs), un intermédiaire parisien se montre un peu plus précis. « Sur la base d’un Ebitda 2008 de 700 millions d’euros et d’un ratio de 8,5 fois l’Ebitda, on peut estimer la valeur d’entreprise à 5,9 milliards d’euros », avance-t-il. En retenant la dernière valeur connue pour la dette nette (1,3 milliard), le capital vaudrait alors quelque 4,5 milliards d’euros et la part d’EDF 1,5 milliard. Dans ses comptes 2006, l’électricien chiffrait sa quote-part de capitaux propres à 469 millions. Si l’intérêt stratégique est évident, « il faudra tout de même que, dans le contexte actuel, Veolia trouve le financement », ajoute l’intermédiaire.

Chez EDF, on ne faisait vendredi « aucun commentaire ». Un porte-parole de Veolia s’est aussi refusé à confirmer ces discussions. Mais rappelait que «Veolia n’a jamais caché son intérêt pour Dalkia».

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