Des plans de sauvetage se dessinent pour les rehausseurs de crédit

le 04/02/2008

Huit banques, dont la Société Générale et BNP Paribas, se pencheraient sur l'Ambac, un autre groupe travaillerait pour soutenir ce secteur

Un groupe de grandes banques réfléchit au sauvetage du rehausseur de crédit Ambac Financial, tandis qu'un autre groupe s'intéresse au sauvetage d'autres sociétés du secteur, rapporte Reuters complétant des informations de la chaîne américaine CNBC. Huit banques ont formé un consortium afin de venir en aide à l’Ambac: BNP Paribas et Société Générale figurent aux côtés de Citigroup et Wachovia, la suisse UBS, les britanniques Barclays et Royal Bank of Scotland, ainsi que l'allemande Dresdner, filiale d'Allianz. Le consortium aurait mandaté la boutique Greenhill pour le conseiller, indique la chaîne de télévision.

La nouvelle a profité fortement aux titres MBIA et Ambac Financial Group, respectivement numéro un et numéro deux mondiaux de l'amélioration de la qualité du crédit. Dans le même temps, leurs swaps de défaut (CDS), mesure du risque de crédit associé à ces émetteurs, ont plongé. Ambac a fini en hausse de 12,63% et MBIA de 5,55%.

Ambac garantit quelques 524 milliards de dollars d'obligations, et MBIA 679 milliards, soit plus de 1.000 milliards à eux deux.

Un autre groupe composé de plusieurs responsables des autorités de tutelle, dont le commissaire à l'assurance de l'Etat de New York Eric Dinallo, a rencontré récemment des acteurs du secteur pour discuter d'un plan de sauvetage des rehausseurs de crédit, qui garantissent quelque 2.400 milliards de dollars de dette, pour une grande part émise par les collectivités locales américaines. Un sujet politique, mais qui menace aussi l’ensemble de la planète financière. Les assureurs monoline assurent plusieurs centaines de milliards de dollars de tranches de titrisations adossées à l’immobilier américain, et leur dégradation supposerait d’énormes pertes pour les banques et les investisseurs. Pour les seules banques françaises, les difficultés du secteur se sont déjà traduites par des provisions pour risque de contrepartie de 1,2 milliard d’euros dans les comptes de Calyon au quatrième trimestre, de 456 millions chez BNP Paribas et de 550 millions pour la Société Générale.

Dans un communiqué publié vendredi, Eric Dinallo a indiqué qu'il y avait eu "un certain nombre de développements" dans ses discussions relatives aux rehausseurs.

Reste désormais à savoir si cela permettra réellement de dégager l'horizon du secteur. D'autant que plusieurs parties prenantes, comme UBS et Citigroup, ont elles-mêmes dû se recapitaliser.

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