Metro et Sainsbury apportent une éclaircie dans la distribution

le 11/01/2008

Le britannique a rassuré avec ses ventes de Noël et ne voit pas de raison justifiée au pessimisme actuel sur le secteur

Les jours se suivent mais ne se ressemblent pas dans la distribution européenne. Mercredi, Marks & Spencer était venu ajouter au pessimisme ambiant avec des ventes en dessous des attentes. Hier, le ciel s’est quelque peu dégagé. Tout d’abord grâce à Metro. Le distributeur allemand a annoncé des ventes en hausse de 8,3 % (7,7 % en comparable) pour le quatrième trimestre 2007 et prévoit toujours une progression de 6 % à 8 % de son Ebit de 2007.

Mais c’est surtout du Royaume-Uni (où s’étaient essentiellement cristallisées les inquiétudes jusqu’alors) que sont venues les bonnes nouvelles. Espérée en moyenne à 3,5 %, la croissance en comparable des ventes de Sainsbury sur le dernier trimestre n’a pas déçu. A 3,7 %, elle a même été qualifiée par le directeur général, Justin King, de « bon résultat pour le trimestre de Noël et particulièrement compte tenu du niveau de concurrence durant cette période ». Mieux encore, la performance a été atteinte sans augmentation de la part de marché dans l’alimentaire, de 16,4 % selon les chiffres de Taylor Nelson Sofres. Ce qui suggère que le marché a assez bien résisté.

Justin King a d’ailleurs dit ne pas voir « de bonnes raisons » au « catastrophisme » actuel vis-à-vis des distributeurs. Un discours et des chiffres qui ont ramené un brin d’optimisme hier, même si Sainsbury reconnaît que « le budget des consommateurs est réellement sous pression » et que « le marché va continuer à être très concurrentiel ».

Pour Cantor Fitzgerald, il paraît en tout cas évident que « dans le secteur, les distributeurs alimentaires vont bien s’en sortir » du fait de leur aspect défensif. Carrefour s’est d’ailleurs dit « plus que serein » pour 2008.

En revanche, dans le non-alimentaire, le court terme pourrait s’avérer plus chahuté. Dans ses prévisions annuelles, Credit Suisse ne prévoit pas de redevenir plus positif avant la mi-2008 et avoue être « incertain sur l’ampleur et la durée du ralentissement de la demande au Royaume-Uni ». D’une façon plus générale, l’intermédiaire estime donc que les investisseurs vont certainement se réfugier vers les groupes défensifs et procycliques.

Enfin, à l’échelle du continent, Credit Suisse entrevoit des jours plus difficiles pour Inditex et PPR. Plus que des tendances de marché, le bureau évoque « des pressions croissantes sur les deux groupes pour qu’ils donnent plus de clarté à leur stratégie ».

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