Mauvais coup

le 25/01/2008

Après un choc pareil, la Société Générale, éternellement promise à un mariage forcé, serait-elle cette fois si affaiblie qu’un rapprochement défensif serait inévitable ? Sur le papier, la réponse est négative. La recapitalisation annoncée, la solidité de la plupart des métiers de la banque, et les ravages causés par la crise des marchés de crédit au sein du petit groupe des prétendants éventuels incitent, en première analyse, à écarter cette hypothèse. Pourtant, en matière bancaire, tout n’est pas affaire de chiffres. La banque est très fragilisée parce que l’impensable s’est produit en son cœur de métier, au sein du département des dérivés actions, un joyau patiemment taillé. C’est en plein Forum et en plein midi que le scandale est survenu et non, comme pour Barings, dans une lointaine province de l’empire mal surveillée par un procurateur négligent. Le risque de réputation est grand. Aussi la direction, maintenue en place, ce qui n’est pas illogique tant que dure la tempête, aura-t-elle beaucoup de mal à maintenir la cohésion générale dès lors qu’il s’agira, en interne, de tirer les leçons de l’événement tout en faisant face aux clients inquiets et aux rivaux désireux de tirer parti de ce faux pas. Que Groupama ait fait savoir qu’elle souscrirait à l’augmentation de capital, sans exclure de se renforcer, montre que le risque de prévenir les agressions n’est nullement absent de l’esprit des dirigeants de la Société Générale.

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