Le marché des F&A reste surtout tiré par son élan de 2007

le 01/02/2008

Près de 70 % des grandes transactions annoncées en janvier ne sont en fait que le prolongement d’opérations engagées l’année dernière

La Société Générale et Iberdrola ne doivent pas masquer une réalité. Si, en ce début d’année 2008, beaucoup de spéculations se font jour sur le marché, les grandes opérations de fusions-acquisitions restent pour l’instant extrêmement rares. Selon les bilans hebdomadaires dressés par Mergermarket pour L’Agefi, le cumul des transactions de plus de 100 millions d’euros impliquant une partie européenne a à peine dépassé les 25 milliards d’euros en janvier. Certes, le mois de janvier n’est pas le mois le plus dynamique. Il n’empêche que le démarrage apparaît assez poussif. Et plus encore si l’on regarde les deals qui ont réellement émergé cette année.

En effet, un rapide passage en revue des statistiques permet de s’apercevoir que près de 70 % des volumes de transactions comptabilisés en janvier en Europe (opérations de plus de 100 millions d’euros) ne sont en fait que la concrétisation ou le prolongement d’opérations engagées l’année dernière.

Les statistiques de la semaine passée n’échappent pas à la règle (voir notre tableau ci-dessous). Sur un total de 16,8 milliards d’euros de deals, plus de 15 milliards peuvent être classés dans cette catégorie. En acceptant de payer 800 pence par action Scottish & Newcastle, Carlsberg et Heineken ont écrit un nouvel épisode d’un feuilleton qui a commencé à l’automne dernier. Le rachat de Quintana Maritime constitue également le point final d’un processus de vente engagé l’an passé. Enfin, si Imperial Tobacco a lancé une OPA sur les 40 % de Logista qu’il ne détient pas encore, c’est essentiellement parce que la législation espagnole l’y a contraint dans la foulée du rachat d’Altadis (lire L’Agefi du 28 janvier).

Sauf cas exceptionnels (comme la reprise de Northern Rock, pour laquelle les offres sont attendues lundi), il semble en tout cas assez probable que les entreprises vont continuer à se montrer prudentes sur les gros deals dans le contexte actuel de flottement des marchés actions et de tensions sur les crédits. Cette période de transition pourrait en particulier durer jusqu’aux publications de comptes annuels, qui permettront de chiffrer l’impact de la crise sur les bilans. Un facteur déterminant. Car tant que les perturbations dureront, c’est en grande partie sur leur propre trésorerie (ou du moins sur la bonne santé de leur bilan) que devront s’appuyer les groupes qui envisagent des acquisitions.

A lire aussi