L'année 2008 suscite des débats dans les LBO

le 01/02/2008

Le quatrième trimestre 2007 a été particulièrement faible. Bain Capital a néanmoins levé 20 milliards de dollars pour son fonds mondial

Le marché des LBO (leveraged buy-out, acquisition à effet de levier) n’est pas à une contradiction près : tous les indicateurs depuis la fin de l’année dernière montrent que, conséquence de la crise sur le marché de crédit, les capital-investisseurs dans les LBO de grande taille ont mangé leur pain blanc ; dans le même temps, Steve Pugliuca, managing director chez Bain Capital, a déclaré lors d’une conférence à New York que la société de gestion pose une touche finale à un fonds à vocation mondiale de 20 milliards de dollars (13,5 milliards d’euros… « Nous aurons de bonnes occasions d’investir dans les mois qui viennent, sachant que l’on observe souvent de fortes demande et utilisation de capital après une bulle », justifie-t-il.

Cela dit, rien ne garantit que les opérations sur les grandes entreprises redémarreront de sitôt, étant donné le manque d’appétit des banques et des institutionnels pour les prêts à effet de levier. Certains deals annoncés il y a bientôt un an ne sont toujours pas conclus, faute de financement (voir tableau). Selon les chiffres préliminaires du dernier baromètre publié par Incisive Media (financé par la société de gestion Candover), la valeur totale des LBO en Europe a chuté de 50 % entre le troisième et le quatrième trimestre 2007 (pour atteindre 21 milliards d’euros). Ce montant est le plus bas enregistré pendant un trimestre depuis ces trois dernières années. « Pour la première fois depuis quatre ans, aucune opération n’a été enregistrée en trois mois dans le segment supérieur – de plus de 1,65 milliard d’euros de valeur. […] Seules trois ont excédé le milliard », révèle l’étude.

La chute est également lourde pour le segment « intermédiaire » (entre 160 millions et 1,65 milliard d’euros) : une perte de 51 % en valeur (12,7 milliards) et en volume (24 transactions). Du coup, l’année entière, le précédent record (datant de 2006) n’a pas été significativement dépassé, puisque 175 milliards d’euros de transactions ont été conclues en 2007, soit un milliard de plus seulement. L’optimisme de Bain, qui rejoint aussi celui de Goldman Sachs, qui devrait bientôt clore son fonds mezzanine (tranche de dette subordonnée utilisée dans les LBO) à 20 milliards de dollars également, est sans doute lié aux grands espoirs placés dans les marchés émergents, notamment asiatiques.

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