L’année 2008 sera celle de toutes les luttes pour la Chine

le 05/03/2008

Lutter contre l’inflation, la corruption, la pollution et les contraintes économiques sont les principaux objectifs définis par Wen Jiabao

Les thèmes développés par Wen Jiabao, le premier ministre chinois, dans son rapport sur l’état de la nation font ressortir un mot clé : lutte. M. Jiabao a ainsi fait de la lutte contre l’inflation, la corruption, la pollution, ou la restriction aux échanges, son principal objectif pour 2008. Il faut dire que pour l’Empire du milieu, 2008 doit être l’année de sa consécration internationale avec l’organisation des Jeux olympiques. De fait, l’état chinois ne peut se permettre la moindre fausse note.

Afin qu’aucun observateur extérieur ne gâche la fête par ses remarques, l’état chinois va donc se lancer dans un programme de dépenses sociales avec «276,2 milliards de Yuan (25,55 milliards d’euros) prévus pour accélérer le développement du système de sécurité sociale», soit 20% de mieux qu’en 2007. A cela devrait s’ajouter un plan d’incitation aux échanges internationaux visant à augmenter les importations chinoises en «technologies avancées et en équipement». Ce plan sera facilité par un yuan rendu «plus flexible» a promis Wen Jiabao. Par ailleurs, le gouvernement va poursuivre les réformes entreprises dans certains secteurs comme la banque, et fermer les «installations de production obsolètes».

Mais le principal objectif sera la lutte contre l’inflation qui devrait «demeurer élevée» cette année en raison de la conjoncture économique internationale, et alors qu’elle avait atteint un plus haut depuis 11 ans en 2007, à 4,8%, à cause de la hausse des coûts du logement et d’alimentation. En janvier, le prix du porc a ainsi progressé de 59% et celui de l’huile de cuisine de 37%. Par ailleurs, l’état chinois entend en finir avec la corruption, en mettant fin à la concentration des pouvoirs et au manque de contrôle. Le premier ministre chinois a également rappelé son objectif de 8% de croissance pour cette année, alors que Liao Qun, expert chez Citic Ka Wah Bank s’attend à un ralentissement à 10,5%, après les 11,4% enregistrés en 2007, s’appuyant sur un probable recul des exportations.

Toutefois, Sun Mingchun, économiste chez Lehman Brothers, souligne que les responsables politiques sont pris entre le risque de surchauffe et le ralentissement de la demande, ce qui «pourrait ralentir les exportations et nuire à l’emploi». Frank Gong de JP Morgan Chase avertit qu’en cas d’échec des autorités chinoises, cela « pourrait aggraver les retombées de la récession américaine et propager la crise du crédit».

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