Julius Baer revoit ses ambitions à la hausse

le 11/02/2008

La banque suisse a annoncé des bénéfices en progression de 31 % à 1,14 milliard de francs et se dit prête à de nouvelles acquisitions

La crise rebat les cartes dans l’univers de la banque privée helvétique. Pendant que le géant UBS est à la peine, et que les investisseurs s'interrogent sur le montant des dépréciations que Credit Suisse pourrait annoncer cette semaine, le groupe zurichois Julius Baer a publié des profits qui ont progressé de 31% entre 2006 et 2007, à 1,14 milliard de francs suisses (700 millions d'euros environ). Cela correspond à 16 % de mieux que le consensus Reuters qui espérait 976 millions de francs suisses. En outre, l’afflux de nouveaux capitaux pour 2007 s’est élevé à 35 milliards de francs, 30 % de plus qu’en 2006. Au total, les actifs sous gestion de Julius Baer ont progressé de 12 %, à 405 milliards de francs. La collecte pour la banque privée a atteint 9 % des actifs gérés sur l’ensemble de l’année, note Raymond James, qu’il compare à ses estimations de 11 % pour UBS et 6 % pour Credit Suisse.

Pour le directeur général du groupe, Johannes de Gier, 2007 a été « une nouvelle année de grands succès », qu’il justifie par le recentrage sur la banque privée, et par la force du marché asiatique. Il ajoute qu'en dépit de la conjoncture des marchés « nous sommes bien positionnés pour développer nos activités et nos profits ». Alors que le marché spécule depuis de longs mois sur un abandon des activités de gestion d'actifs au profit de la banque privée, Julius Baer examine toujours les possibilités de cession ou de cotation de sa filiale américaine. Par ailleurs, la direction indique qu’elle va étudier toutes les options offertes par un marché en pleine consolidation, croyant à l’opportunité de nouvelles acquisitions. « Toutes les cibles d’acquisitions seront étudiées, qu’elles soient petites ou grandes », a déclaré le directeur financier Dieter Enkelmann.

Dès lors, Julius Baer a révisé ses objectifs à la hausse, en annonçant des afflux net de capitaux attendus en augmentation de 6 % d’ici à 2010, contre 5 % précédemment, et de 5 % pour 2008 (+2 points). Et à l’inverse d'UBS, qui travaille à une augmentation de capital, la banque zurichoise va demander à ses actionnaires au mois d'avril de voter son programme de rachat d’actions de 2 milliards de francs suisse et l’annulation de 5,5 % de titres.

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