La Fed sur tous les fronts

le 17/03/2008

Pratique rarissime pour la Fed, son président Ben Bernanke a tenu à expliquer sa décision dans une brève conférence téléphonique avec quelques journalistes. « Ces mesures vont apporter aux institutions financières une plus grande assurance d’accès à des financements, » a-t-il souligné. « Des marchés liquides et qui fonctionnent bien sont essentiels à la promotion de la croissance économique, » souligne en outre la Fed dans son communiqué.

Elles s’ajoutent à l’arsenal déjà impressionnant déployé par la banque centrale des Etats-Unis ces dernières semaines. Le 11 mars, elle a annoncé être prête à injecter jusqu’à 200 milliards de dollars de liquidités sur le marché, et à accepter en garantie les obligations adossées aux crédits immobiliers. En outre, les économistes sont presque unanimes à pronostiquer l’annonce d’une nouvelle baisse d’au moins 75 points de base du principal taux directeur de la Fed, l’objectif sur les fonds fédéraux, à l’occasion de la réunion, programmée celle-là, du comité de politique monétaire ce mardi 18 mars. Ce taux serait ainsi ramené de 3 à 2,25%, soit un relâchement considérable de la contrainte monétaire. L’objectif sur les fonds fédéraux et le taux d’escompte ont déjà été réduits l’un et l’autre de 1,25% depuis le début de l’année.

Du coté de l’administration Bush, c’est le secrétaire au Trésor Henry Paulson qui a donné le signal de la mobilisation. « Le Gouvernement est prêt à faire tout ce qui est nécessaire pour maintenir la stabilité de notre système financier, » a-t-il affirmé à l’occasion d’un véritable marathon télévisé, dimanche. Il s’est par ailleurs déclaré « satisfait » des nouvelles mesures prises par la Réserve fédérale.

Le président Bush réunira cet après-midi à la Maison Blanche son Groupe de Travail sur les Marchés Financiers, auquel participent Henry Paulson et Ben Bernanke, et qui a dévoilé la semaine dernière une série de propositions en réponse à la crise des financements immobiliers (l’Agefi du 14 mars). Dans un discours prononcé vendredi devant l’Economic Club de New York, le Président américain avait réitéré son hostilité vis-à-vis d’un interventionnisme trop marqué et manifesté sa confiance dans le plan de relance de plus de 150 milliards de dollars déjà adopté. Les contribuables américains recevront en mai leurs chèques de réduction d’impôts, ce qui devrait dès lors soutenir la croissance, a-t-il estimé. Pour la majorité démocrate du Congrès, toutefois, ces mesures ne vont pas assez loin. Elle élabore un nouveau plan de relance et des mesures destinées à secourir les ménages menacés de saisie immobilière.

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