La direction de Yahoo va annoncer le rejet de l'offre de Microsoft

le 11/02/2008

Le groupe californien juge sous évaluée la proposition du géant de Seattle, alors que des employés-actionnaires acceptent de vendre leurs titres

Pas assez cher! Selon le Wall Street Journal, c’est par cet argument que Jerry Yang et ses hommes vont rejeter l’offre proposée par le géant de Seattle. En réalité, Yahoo souhaiterait surtout que Microsoft révise son offre de 31 dollars par action, à au moins 40 dollars. Pour faire monter les enchères, la direction de Yahoo a cherché d’autres solutions, comme un rapprochement avec Google, Newscorp ou AOL. Les analystes s’accordent à penser que Microsoft devra débourser plus qu’il n’a proposé jusqu’ici.

Du côté de Standard & Poor’s (S&P) on évoque un prix autour de 40 dollars l’action, alors qu’UBS l’estime entre 35 à 37 dollars le titre. Dans tous les cas cependant, les experts pensent, comme celui de S&P, que «Microsoft sait bien que Yahoo n’a pas d’autres options. La seule question est combien Microsoft est-il prêt à acheter Yahoo, et combien de temps est-il prêt à attendre pour que l’opération se fasse?». En effet, du côté des alternatives, le groupe californien n’est pas parvenu à concrétiser ses discussions avec Google, alors que Newscorp a rejeté cette éventualité. Quant aux rumeurs de fusion avec AOL, elles sont restées en l’état.

Le groupe de Seattle n’a pas manqué de rappeler qu’il «se réservait le droit de s’assurer que les actionnaires de Yahoo étaient informés de l’opportunité qu’ils avaient». Certains porteurs de titres de la société californienne l’ont bien compris. Un groupe dissident, composé de 100 employés de Yahoo détenant 2,1 millions d’actions Yahoo, a annoncé qu’il allait lancer une campagne de vente en bloc de leurs titres, et qu’il allait pour cela négocier séparément de la direction de Yahoo avec Microsoft. Ce groupe ne souhaite pas «voir Yahoo continuer indépendamment avec la direction actuelle», estimant qu’avec celle-ci, le cours de Yahoo ne dépassera pas les 17 dollars.

Si la transaction se réalise, les deux géants américains contrôleraient plus du quart du marché de la publicité animée sur l’Internet et des bannières publicitaire en haut des pages web. En outre, la société de Bill Gates espérerait ainsi concurrencer Google sur le marché de la publicité sur les téléphones portables. Toutefois, la justice va surveiller tout cela de près, le département de la justice américaine et la Commission européenne de la concurrence ont annoncé qu’ils étudieraient l’impact d’une telle opération sur la libre concurrence.

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