« Le déficit des comptes courants américains devrait limiter le mouvement de baisse de l’euro »

le 11/02/2008

explique Valérie Perez, responsable du change en France chez Deutsche Bank

L'Agefi : Le mouvement de baisse de l'euro face au dollar va-t-il se poursuivre ?

Valérie Perez : Le récent mouvement de baisse de l’euro est lié à des facteurs techniques, à savoir l'incapacité de l'euro/dollar à franchir 1,4950, et des fondamentaux, après le changement de ton de la Banque centrale européenne lors de sa conférence de presse du 7 février, qui se focalise désormais sur le ralentissement de la croissance en Europe. Néanmoins, il est important de noter que le dollar devrait, dans les mois à venir, remplacer le franc suisse en tant que seconde devise à « faible rendement » du G10, lorsque ses taux seront inférieurs à 2,75 %. Si les devises à faibles taux d’intérêt s’appuient traditionnellement sur un excédent de leurs comptes courants pour attirer des investissements (yen ou franc suisse), une devise à faible rendement comme le dollar, ayant de surcroît un déficit de ses comptes courants, aura bien du mal à attirer des flux de capitaux significatifs. Ce facteur devrait limiter le mouvement actuel de baisse de l’euro et voire amener le dollar à reprendre son mouvement de baisse, mais dans une amplitude limitée, de l’ordre de 3 ou 4 %.

Compte tenu des signaux de ralentissement de la croissance britannique, quel est le potentiel de baisse de la livre face à l’euro à moyen terme ?

Si l’on se réfère aux indices théoriques de conditions monétaires, il apparaît que la baisse de la livre depuis douze mois (près de 12 %) correspond à une détente monétaire de l’ordre de 200 points de base. Combinée à la hausse des prix alimentaires et de l’énergie, cette dernière devrait conduire la banque d’Angleterre à ne baisser ses taux « que » de 50 à 75 bp d’ici à fin 2008, soit un peu moins que ce que le marché anticipe. Ceci nous conduit à penser que nous avons parcouru la plus grande partie du chemin, et que la livre ne baissera pas plus que de 2 à 3 % supplémentaires face à l’euro.

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