Un défi pour la place

le 28/01/2008

Jérôme Kerviel n’a pas fait pour seule victime la Société Générale, mais aussi la Place financière française dans son ensemble. La City ne s’y est pas trompée, qui  retentit depuis jeudi de sarcasmes sur cette défaite française qui prend pour elle des allures de Trafalgar. Ce n’est sûrement pas fair play mais de bonne guerre de la part d’une capitale qui se considère comme le centre financier naturel de la planète et qui n’apprécie guère de voir son éternelle rivale française prétendre lui disputer son pré carré. De fait, la perte colossale de près de 5 milliards d’euros ne fait pas que jeter le discrédit sur les procédures de contrôle interne de la banque. Elle met aussi à mal la réputation d’excellence française dans un secteur, les produits dérivés sur actions, qui est l’un des très rares où la France avait su s’adjuger un leadership mondial. C’est pourquoi cette fraude doit faire réagir les régulateurs français qui, au-delà de leur sérénité affichée, doivent se demander en quoi leurs modes actuels de contrôle des activités de marchés sont encore appropriés aux niveaux de risques qui se prennent quotidiennement. Christine Lagarde les a interpellés à ce sujet, et leur réponse n’intéresse pas que les banques françaises. Comme le prouvent les débats de Davos, elle est également guettée par toute la finance mondiale qui ne peut que s’interroger sur le recours qu’elle fera désormais à une expertise qui peut s’accompagner de si dramatiques accidents.

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