La consommation soutiendra encore l’industrie française en 2008

le 11/01/2008

Le secteur du bâtiment devrait rester bien orienté et l'automobile se redresser, anticipent les experts du Crédit Agricole

Une nouvelle fois, la demande intérieure et la consommation des ménages devraient soutenir la croissance française cette année. Les économistes du Crédit Agricole anticipent une légère croissance en France, de 1,9 %, comme en 2007. Les effets retardés de l’amélioration du marché du travail, les différentes mesures du paquet fiscal (heures supplémentaires, déductibilité des intérêts sur les crédits immobiliers) continueront à faire progresser le revenu disponible, tandis que les mesures en faveur du pouvoir d’achat (déblocage de la participation et monétisation des RTT) contribueront à soutenir la consommation. Toutefois, « la remontée de l’inflation, liée à la flambée des cours du pétrole et des matières premières agricoles, constitue un risque sérieux pour la consommation et la croissance en général », avertit Philippe Roos, économiste au Crédit Agricole. La banque anticipe une inflation moyenne de 1,8 % en 2008, après 1,4 % en 2007, avec un pic au-dessus de 2 % au premier trimestre. Une inflation imputable aux trois quarts à la flambée des prix du pétrole.

Mais, « à moyen terme, nous ne voyons pas de dérapage durable de l’inflation, même si le pouvoir d’achat sera légèrement affecté », ajoute Olivier Bizimana, économiste au Crédit Agricole. En outre, « le commerce extérieur continuera à peser sur la croissance », précise Philippe Roos. Les exportations pâtiront de la hausse de l’euro, du ralentissement de la croissance mondiale, et d’une compétitivité insuffisante, tandis que les importations bénéficieront du dynamisme de la consommation des ménages.

Sur un plan sectoriel, 2008 devrait afficher les mêmes tendances que l’an dernier. Du côté de la construction, le bâtiment restera bien orienté, attendu en hausse de 3 %, après déjà +2,7 % en 2007, toujours soutenu par le non-résidentiel neuf et l’entretien-rénovation, tandis que le logement neuf devrait enregistrer une légère reprise (+1,7 %, contre –1,9 % en 2007), tiré par le logement social. En revanche, la croissance des travaux publics devrait ralentir de +7,3 % à +1 %, l’an dernier étant soutenu par la perspective des prochaines élections municipales.

L’automobile, cœur de l’industrie française, a souffert plus que prévu en 2007, avec un recul de 9 % des voitures particulières, de 5 % des utilitaires légers et de 2 % des équipements. Toutefois, après deux années de baisse, le secteur devrait se redresser. La banque table sur une croissance nulle des voitures particulières et des utilitaires légers et rebond des 5 % des équipements, à la faveur de la montée en puissance des modèles sortis en 2007.

Du côté des bonnes nouvelles, la construction aéronautique maintiendra son rythme de croissance (+7 %), soutenu par le civil, tandis que le militaire restera stable. Même tendance pour les services informatiques (+6,5 % en 2008), sous réserve que la conjoncture économique ne se détériore pas. Les équipements électriques devraient accélérer leur croissance (+3,5 % à +4,1 %) à la faveur de mises aux normes environnementales.

Une nouvelle année les industries du textile, de l’habillement et des chaussures se situent en queue de peloton, même si la décroissance en valeur ralentit.

Après cette année de maintien de la croissance, « les facteurs d’incertitude devraient se dissiper et la consolidation de l’activité se poursuivra en France et dans l’ensemble de la zone euro » en 2009, prévoit les économistes du Crédit Agricole. La reprise plus soutenue de l’investissement productif et la poursuite du redressement de l’emploi devraient permettre d’atteindre une croissance de 2,1 %.

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