La baisse des taux bridée par les pressions inflationnistes au Royaume-Uni

le 14/02/2008

Le rapport sur l’inflation de la BoE reflète néanmoins une inquiétude grandissante sur les perspectives de croissance de l’économie britannique

La prochaine baisse des taux directeurs pourrait attendre outre-Manche. Selon son rapport trimestriel sur l'inflation publié hier, si la banque centrale britannique baissait les taux aussi radicalement que ne le pensaient les intervenants du marché pour les ramener à 4,5 % d'ici la fin 2008, la hausse des prix de détail dépasserait l'objectif de 2 % fixé par la BoE. En revanche, l'inflation s'inscrirait probablement très en deçà de cet objectif si les taux restaient à leur niveau actuel de 5,25 %. Sous l’effet d’un resserrement des conditions de crédit et d’un marché immobilier domestique déprimé (lire l'article ci-dessous), la croissance économique au Royaume-Uni devrait pour sa part passer de 3 % l’année dernière à moins de 2 % d’ici à fin 2008 pour remonter légèrement à environ 2,5 % à la fin 2009, prévoit le rapport. « Par rapport aux prévisions du dernier rapport d’inflation publié mi-novembre, ces deux évolutions apparaissent plus prononcées, induisant une poussée inflationniste jusqu’à 3 % à court terme parallèlement à une décélération marquée de la croissance », commente le gouverneur de la Banque d’Angleterre Mervin King. Les risques entourant ces prévisions d’inflation sont équilibrés tandis que ceux entourant les projections de l’activité sont à la hausse.

La dépréciation de la devise britannique au cours des trois derniers mois, « due notamment à l’ampleur du déficit de la balance des paiements courants, le plus élevé depuis 50 ans » selon les termes du rapport, n’a fait qu’aviver les tensions inflationnistes importées sur les produits pétroliers. « Le comité de politique monétaire accorde une certaine importance au fait qu’une part significative de la baisse de la livre sterling puisse être le reflet d’un déclin plus persistant du taux de change réel, corollaire à une moindre contribution au PIB de la demande domestique par rapport à celle du commerce extérieur», poursuit le rapport. La perspective d’un assouplissement progressif des taux directeurs britanniques a de fait poussé hier en séance la livre sterling à 74,19 pence pour un euro, un plus haut de deux semaines, tandis qu’elle a atteint contre le billet vert un plus haut hebdomadaire à 1,9655 dollar. Le signal envoyé par l’institut d’émission, plus modéré qu’attendu en termes de politique monétaire, devrait néanmoins ouvrir la voie à au moins une autre baisse des taux d’ici à la fin de cette année.

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