Air France-KLM bien placé dans la consolidation du transport aérien mondial

le 14/02/2008

Le projet de participation au capital du futur groupe Northwest Delta renforcerait son positionnement face à Alitalia, encore plus fragilisée

Air France-KLM est présent sur tous les fronts. Alors qu’il est en phase de négociations exclusives pour racheter son concurrent transalpin Alitalia, le groupe franco-néerlandais projetterait selon des informations recueillies par Bloomberg de prendre une participation dans le nouveau groupe Delta Northwest en cours de fusion. L’annonce de la combinaison des deux compagnies américaines Delta et Northwest Airlines devrait être une question de semaines, les pilotes de Northwest étant en train d’examiner les détails de cette fusion qui ressemble en fait à une absorption de Northwest par Delta, celui donnant son nom au nouveau groupe dont le siège social serait maintenu à Atlanta, le PDG de Delta Richard Anderson prenant les rênes du nouvel ensemble.

La taille du ticket pris par Air France-KLM dans la compagnie américaine élargie ne serait pas encore fixée, poursuit Bloomberg, mais elle pourrait atteindre un milliard de dollars en échange d’un siège au Conseil d’Administration du transporteur franco-néerlandais. Les sociétés concernées travaillent déjà ensemble depuis des années à travers la première alliance mondiale Skyteam, regroupant 11 transporteurs aériens, qui permet les partages de codes et de programmes de fidélisation entre ses différents membres. Le Vice Président d’Air France Leo van Wijk avait déjà précisé fin janvier qu’Air France-KLM «ferait tout son possible» pour favoriser la fusion entre Delta et Northwest, toutes deux sorties en 2007 de la loi américaine de protection contre les faillites.

Cette participation renforcerait le positionnement stratégique d’Air France-KLM et son pouvoir de négociation vis-à-vis d’Alitalia qui vient d’annoncer pour 2007 une réduction de sa perte avant impôts de 605 millions à 364 millions d’euros, tout en indiquant que sa marge opérationnelle enregistrerait en 2008 une "détérioration matérielle" comparé aux projections de son plan industriel. La compagnie italienne en pertes depuis 1998 a répété «devoir vendre des actifs et recevoir une injection de cash dans les 750 millions d'euros d'ici la mi-2008 pour pouvoir continuer à fonctionner normalement». La reprise d’Alitalia, détenue à 49,9 % par l’Etat italien, semble donc être plus que jamais incontournable en dépit des soubresauts politique de l’Italie en attente d’élections pour constituer un nouveau gouvernement.

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