Charlotte Henry, Autorité des marchés financiers

le 15/11/2018 L'AGEFI Hebdo

Charlotte Henry, responsable de la transformation digitale, Autorité des marchés financiers

36 ans, Neoma Business School Reims (marketing et commerce international).

C’est un fauteuil tout neuf que Charlotte Henry, 36 ans, a pris en mai dernier à l’Autorité des marchés financiers (AMF). Sa mission ? Piloter la transformation digitale de l’institution, qui est l’un des axes du plan stratégique #Supervision2022. Une priorité dans l’air du temps. Avec, tout de même, une spécificité pour la nouvelle responsable : « L’objectif d’une société privée sera de maximiser son profit. L’enjeu de la digitalisation de l’AMF, c’est de mieux accompagner ses différents publics. Et ils sont variés ! », souligne la jeune femme, listant les épargnants, les investisseurs institutionnels, sociétés cotées, prestataires de services d’investissement et autres parties prenantes de la place. « La transformation peut contribuer à davantage structurer cette relation, avec une expérience utilisateur qui manque encore un peu de maturité à l’AMF », poursuit-elle.

In fine, il s’agit de mieux servir les missions fondamentales de l’AMF : protection des épargnants, information des investisseurs et bon fonctionnement des marchés. Mais Charlotte Henry n’arrive pas sur un sol vierge, tient-elle à rappeler. En témoignent la nouvelle plate-forme de surveillance des marchés, « Icy », qui repose sur des technologies big data et opérationnelle depuis janvier 2018, et le projet « Bio 3 » de refonte de l’outil informatique utilisé pour les échanges avec les sociétés de gestion.

Sa première initiative a été de concevoir un questionnaire pour établir la maturité digitale des équipes. Diagnostic devant permettre d’établir les principaux axes de développement pour chacune des directions. « Nous avons donné la parole aux collaborateurs et nous allons co-construire la feuille de route avec les directions de l’AMF », explique Charlotte Henry. Et ce, dans le cadre d’une démarche qu’elle veut « pertinente et agile ».

Son poste est rattaché au directeur général adjoint en charge de la gestion, de l’informatique et des ressources humaines. Ce n’est pas un hasard : « Il est très important d’embarquer les fonctions supports », considère Charlotte Henry, qui est en train de monter un dispositif visant à identifier les ressources transversales contributrices de la transformation digitale afin de les faire monter en compétences sur le sujet. Elle est également sponsor des programmes « transformation digitale » qui relèvent du plan stratégique des systèmes d’information et dont l’un vise à améliorer l’« expérience collaborateur ». Son défi, dit-elle, sera de faire bouger les lignes dans un environnement qui se distingue par « la compétence et le grand professionnalisme des équipes ».

Cette diplômée de Neoma Business School Reims n’en est pas à son coup d’essai : l’innovation et la gestion de projet sont le fil rouge d’un parcours préalablement démarré en Chine. Elle a passé quatre ans chez Arval (groupe BNP Paribas), à la DSI puis à l’organisation commerciale, dans des missions d’accompagnement au changement, d’assistance à maîtrise d’ouvrage et de chef de projet. Après avoir refermé la porte de l’inspection générale de BNP Paribas qu’elle avait intégrée en 2012, elle a poussé celle de Younited Credit en 2013 pour piloter les projets innovants (standardisation des procédures, dématérialisation, formation…).

Son leitmotiv est immuable : « Parvenir à fédérer les collaborateurs autour d’un projet de transformation. Et faire en sorte que le changement devienne le prisme culturel de toute l’organisation. »

A lire aussi