Dossier

Le sauvetage sur mesure de Monte dei Paschi di Siena

Le sauvetage sur mesure de Monte dei Paschi di Siena
(Bloomberg)

Le sauvetage de Monte dei Paschi di Siena (MPS), la plus vieille banque italienne fera date dans l'histoire bancaire européenne. Après de longs mois de négociations difficiles, Bruxelles a officiellement autorisé début juillet 2017 le plan de sauvetage du célèbre réseau bancaire.

Grevée par le fardeau de ses créances douteuses, MPS a été incapable de lever du capital auprès d’investisseurs privés en 2016. La Banque centrale européenne (BCE) a évalué à 8,8 milliards d’euros le besoin en fonds propres. Selon le plan avalisé, MPS doit bénéficier d’une aide publique – coût de la reprise des créances douteuses, de restructuration - atteignant 5,4 milliards d’euros. En outre l’Etat doit apporter 3,9 milliards d’argent frais à la banque via de nouvelles actions. Pour le solde, MPS va émettre de nouvelles actions à hauteur de 4,47 milliards d’euros destinées aux créanciers subordonnés dont la dette sera convertie en actions.  

MPS est désormais engagée dans une profonde restructuration. Au premier trimestre 2017, elle a provisionné 4 milliards d’euros pour dépréciation de ses créances douteuses, préalable à la titrisation de 26 milliards d’euros de crédits. Elle a également annoncé la réduction de 22% de ses emplois (5.500) et de 600 de ses agences d’ici 2021.

Le principal obstacle à la conclusion des négociations était lié aux règles européennes sur la résolution adoptée en 2014. Elles proscrivent de faire payer le sauvetage d’une banque par le contribuable en forçant les actionnaires et les créanciers à mettre la main à la poche. La régulation prévoit cependant que les Etats puissent intervenir à titre préventif, dans le cas où la banque en difficulté (mais pas en cessation de paiement) apparaît viable à long terme.

MPS espère retrouver en 2021 son chiffre d’affaire de 2016.