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Quand les régulateurs se divisent sur les crypto-monnaies

le 15/11/2017

Philippe Mudry

Philippe Mudry

Les régulateurs se grattent la tête devant les crypto-monnaies.

Alors que la plus célèbre d’entre elles, le Bitcoin ne cesse de démontrer son extrême volatilité, le développement diversifié de ce nouveau mode de transaction sème la division parmi ceux qui ont, en principe, pour mission de le réguler.

Pour beaucoup, les crypto-monnaies restent avant tout le Bitcoin et ses avatars.

Si la technologie qui la sous-tend, la Blockchain, est tenue comme une innovation majeure, le Bitcoin lui-même reste vu comme un moyen pour le crime organisé d’échapper aux contrôles en transférant des fonds à l’abri d’une opacité technologique inviolable.

La Chine l’a interdit, avec peu de succès, pour cette raison.

Avec les ICO, les Initial Coin Offerings, les crypto-monnaies aggravent leur cas.

Dans ces levées de fonds numériques, l’investisseur est rémunéré non en parts de capital, mais en jetons de crypto-monnaie échangeables plus tard en cash ou en produits de l’entreprise.

Pour le régulateur européen des marchés, cette forme « dangereuse et ultra-spéculative » de crowfunding peut conduire très vite à perdre 100% de sa mise.

La réflexion évolue pourtant. Plusieurs banques centrales, dont la suédoise, comptent émettre leur propre crypto-monnaie, souvent dans le but de la substituer au cash.

Elles apprécient son instantanéité, son coût faible et sa traçabilité.

Mais d’autres, comme la Bundesbank, au mieux n’en voient pas l’intérêt, au pire y sont hostiles. Bref la cacophonie est complète.

Sans attendre, des banques, parfois très grosses comme UBS, pressent le pas en s’appuyant sur la Blockchain, persuadées que c’est une révolution de l’industrie des paiements qu’annoncent en fait les crypto-monnaies.

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