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Pékin répond à Trump en ouvrant sa finance aux étrangers

le 13/11/2017

Philippe Mudry

Philippe Mudry

Le pied de nez n’échappera à personne. Au moment où Donald Trump sème jusqu’en Chine sa parole protectionniste, Pékin a décidé d’ouvrir son marché et pas dans n’importe quel secteur : la finance, activité régulée entre toutes et jusqu’ici solidement verrouillée.

Banque, assurance, gestion d’actifs et fonds de toutes natures, marchés de capitaux...

Tous les métiers sont concernés, mais à une date encore à préciser et selon des calendriers différents, s’étalant sur plusieurs années.

Car toutes les activités ne seront pas logées à la même enseigne. Dans la banque et la gestion d’actifs, le seuil maximal de 20% de détention sautera et un investisseur étranger pourra acquérir 51% du capital, sans autre précision.

Sur les marchés de capitaux et dans l’industrie des fonds, les étrangers pourront aussi prendre la majorité à 51% d’une société chinoise et ne pourront monter à 100% qu’après trois ans.

Dans l’assurance, la majorité sera possible dans 3 ans et la pleine propriété dans 5 seulement.

Cette prudence dans la démarche ne doit pas conduire à minimiser l’importance de la réforme.

Elle constitue un pas essentiel dans la longue marche de la Chine vers le statut de superpuissance financière.

Elle répond aussi à l’objectif de réveiller un secteur chinois trop protégé et le cas échéant de hâter sa recapitalisation nécessaire grâce aux étrangers.

Enfin, en donnant satisfaction au lobby financier américain, Pékin se donne des arguments pour contrer la rhétorique protectionniste en vogue à Washington.

Pour les grands acteurs internationaux, c’est une nouvelle ère qui s’ouvre. Si aucun ne peut s’en désintéresser, tous savent que la route de la rentabilité restera, pour eux aussi, une longue marche.

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