La chronique de l'actualité

L’environnement devient un critère concurrentiel clé

le 20/10/2017

Philippe Mudry

L’autorité de la concurrence innove : pour la première fois en France, elle a sanctionné trois industriels pour avoir conclu par le passé une « conjuration du silence » sur les performances environnementales de leurs produits respectifs.

En clair, ils se sont entendus pour refuser à leurs clients distributeurs les moyens d’exposer au public quel produit, sous ce rapport, était meilleur que les autres.

Or pour des revêtements de sols, le critère est important, s’agissant notamment de la santé des usagers.

Avis donc aux candidats aux ententes : ne sera plus passible d’une pénalité que l’accord sur les prix ou la coordination des politiques commerciales, éléments d’ailleurs présents dans le dossier, mais aussi la dissimulation d’informations environnementales pouvant limiter la liberté de jugement du consommateur. 

Deuxième innovation : ce sont les trois premiers acteurs du secteur qui sont, pourrait-on dire, « solidairement » sanctionnés, pour un montant global de 302 millions d’euros.

Pour la première fois, Tarkett, pour 165 millions, Forbo pour 75 et Gerflor pour 62 ont accepté une transaction pour solder leurs errements passés, une possibilité qui n’a été ouverte que par la loi Macron il y a deux ans.

Troisième élément remarquable de cette décision : son montant, largement lié à la durée du cartel qui s’est étalé, sous certains aspects, sur 23 ans.

Dans le cas de Tarkett, l’amende représente 6% du chiffre d’affaires total de l’entreprise en 2016, ce qui vaudra à l’entreprise d’essuyer une perte en 2017.

Le coup est dur pour ce groupe qui a changé de direction depuis les faits, et place désormais la responsabilité sociale et environnementale au premier rang de ses objectifs stratégiques.

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