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L’UE veut mettre ses actifs stratégiques à l’abri des appétits indésirables

le 14/09/2017

Philippe Mudry

L’ère des investissements étrangers en Europe sans réciprocité tire à sa fin.La Commission détaillera aujourd’hui un plan visant, non à les interdire mais à poser des garde-fous destinés à la protection d’entreprises, technologies ou infrastructures stratégiques situées dans un pays de l’Union.Selon la presse, le plan prévoirait un droit d’information réciproque entre pays membres, dès lors  qu’un actif stratégique serait visé par un intérêt étranger ailleurs dans l’Union.Un droit d’alerte non contraignant serait reconnu à la Commission dans ce cas, sachant que chaque pays gardera la haute main sur la décision finale s’agissant des actifs situés sur son territoire.Le droit d’alerte sera renforcé dès lors que l’actif en question aura bénéficié de fonds européens, comme le système satellitaire Galileo par exemple.Dans ce cas, le pays concerné devra d’autant plus se justifier s’il voulait passer outre à l’avis de la Commission.Inutile de dire que la Chine, surtout ses entreprises publiques, est d’abord visée par ce futur règlement.Les flux d’investissement de la Chine vers l’Europe ont atteint 35 milliards en 2016 et 8 milliards seulement dans le sens inverse.On ne s’étonnera pas qu’en France, en Allemagne et en Italie, où sont concentré 60% des investissements chinois, on se réjouit de ce mouvement de la Commission.Mais les débats ne sont pas clos car on est moins enthousiaste dans d’autres pays européens par crainte de rétorsions commerciales.Il faut savoir aussi quels secteurs seront concernés, et les critères que la Commission privilégiera dans ses commentaires : l’absence de réciprocité, un actionnariat public ou opaque de l’acquéreur figurent parmi les plus probables.

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