La chronique de l'actualité

L’enjeu du Brexit exacerbe la rivalité entre Paris et Francfort

le 04/07/2017

Philippe Mudry

Entre Paris et Francfort, jamais la rivalité n’a été aussi vive.

Alors que la capitale financière allemande a pris un avantage, au dire même du ministre Bruno Lemaire, Paris entend sortir le grand jeu pour s’imposer comme destination aux entités songeant à quitter la City.

Dans une déclaration à L’Agefi, le ministre de l'Economie et des Finances juge « évident » que Francfort « a pris de l'avance ».

Mais il se dit « convaincu » que « nous pouvons le rattraper ». Et le ministre d’évoquer « des mesures sur la fiscalité, notamment sur la taxe sur les salaires ».

C’est la première fois que cette hypothèse est évoquée publiquement. La taxe sur les salaires est payée par les sociétés qui ne sont pas assujetties à la TVA.

Elle est appliquée via un barème fortement progressif en quatre tranches pouvant aller jusqu’à 20%.

Cette dernière tranche, créée en 2013 pour frapper les très hauts revenus, inquiète ceux qui, dans la City, pourraient songer à un choix parisien.

Autres pistes possibles, l’allègement de la Contribution sociale de solidarité des sociétés, un nouvel élargissement du régime des impatriés, qui s'applique à ceux qui s'installent en France après avoir passé cinq ans à l'étranger, ou une adaptation des tribunaux au droit financier anglais.

Toute la Place espère que le Premier ministre, qui lui rend visite le 11 juillet, lui annoncera de bonnes nouvelles.

Car chacun y a noté les annonces récentes, de banques et courtiers japonais notamment, favorables à Francfort où se trouve la BCE et qui met aussi les petits plats dans les grands.

On y songerait ainsi à adapter la réglementation propre aux « preneurs de risque » pour les encourager à préférer les bords du Main à ceux de la Seine…pari

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