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L’antitrust européen ouvre contre Google une bataille au long cours

le 28/06/2017

Philippe Mudry

Comment les « portiers du web », ces géants qui détiennent les clés de la décision de milliards d’individus qui cherchent à accéder aux biens et services sur Internet, doivent-ils promouvoir leurs services par rapport à ceux de leurs concurrents ?

De façon égale, répond l’antitrust européen, qui avait déjà sanctionné Microsoft selon la même logique en 2009.

Et celle-ci d’infliger à Google une amende de 2,5 milliards d’euros pour avoir favorisé son service de comparaison de prix par rapport à ceux de ses rivaux.

Google contestera la décision en justice. C’est une nouvelle saga judiciaire qui s’annonce, d’autant que trois autres procédures le visant restent en cours.

Le problème n’est pas pour lui le montant de l’amende, qui représente moins de 3% de ses liquidités, ni de protéger un business qui pèse peu dans son modèle.

Il s’agit de défendre un principe, celui de profiter de son avance technologique pour s’étendre au détriment de la concurrence.

Le géant californien se sent d’autant mieux fondé à le faire qu’il a proposé des aménagements de son service « Shopping » que la Commission a refusés.

Pour la Commissaire Margrethe Vestager, la préférence qu’accorde Google à son comparateur de prix a pour conséquence de reléguer en moyenne son premier concurrent à la page quatre des résultats de recherche !

Or cete pratique n’est pas acceptable pour un moteur clairement en position dominante.

Qu’en sera-t-il quand les assistants personnels à la voix recevront chaque jour des demandes de leurs milliards d’utilisateurs ? Dans quel ordre classerons-t-ils leurs réponses ?

Là encore, des positions dominantes, avec Amazon en tête, émergent. La bataille vaut pour eux des dizaines de milliards de dollars.

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